2019/05/31

Nouvelle vie ?

Longtemps j'en ai rêvé; repartir à zéro... Commencer une nouvelle vie.

J'ai passé 30 ans à travailler dans le domaine de l'énergie. J'y ai eu 3 ans de gloire. Jusqu'au jour où, stress aidant, j'ai décompensé. C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux. Je me rappelle de ce moment et de sa bizarrerie comme si c'était hier.

Après un épisode en hopital psychiatrique à la demande du préfet du Loiret (HO), j'ai essayé de reprendre mon métier de chef de chantier en centrales nucléaires. Je n'y suis pas arrivé.

Les années suivantes,  j'ai été reclassé dans des travaux de moindre importance et moins bien payés.

Pendant presque 20 ans, répondant à l'insulte de "Malade mental", j'ai dû subir un chef de service malveillant qui cherchait à tous prix à me foutre dehors.  Mais, là,  j'ai tenu. Sans statut d'invalidité particulier, j'ai résisté.

Quand il est enfin parti à la retraite, son remplaçant m'a donné une chance en me nommant contrôleur technique. De ce job, aussi, j'ai vite fait le tour. Job à la con où j'étais devenu " cocheur de cases " , un bureaucrate inutile ou presque.

Puis sont venus les interrogations et les scrupules - un autre conflit de loyauté - vis à vis de moi-même (de mon métier) et des générations futures (mes valeurs). Une autre " schizophrénie ".



Il y avait longtemps que je ne trouvais plus de motivation pour aller travailler tous les matins et ce fut de pire en pire.
Les dernières années de boulot, tellement il était devenu ennuyeux et monotone, furent extrêmement douloureuses pour, au final, déboucher sur un ultime bore/burn-out puis une nouvelle décompensation.

Début 2017, me voyant incapable de reprendre mon job, mon psychiatre me proposa un statut d'invalidité. Comme la pension représentait la moitié de mon salaire et qu'elle était complétée par une rente (assurance) j'ai  accepté.

Sans avoir le souci du travail, une nouvelle vie allait commencer pour moi et, même si la psychose est toujours là,  je me soigne.