02/01/1989

1989 - MOX à Gravelines

Je travaille donc dans le nucléaire civil depuis juillet 1988.  Je me déplace beaucoup.

Début 1989, je commence à intervenir sur Gravelines qui est la plus grande centrale nucléaire de France (6 réacteurs de 900 MW côte à côte). À l’époque, il y a le passage au combustible MOX et donc beaucoup de boulot sur ces six réacteurs. Je réside dans le Nord (59). 
Le weekend, je revois Zaza. Nous allons en Angleterre, en Hollande…  
Mais le plus souvent nous nous retrouvons à Paris où elle habite maintenant avec un nouveau copain. (Le pauvre !) Nous louons souvent une chambre d’hôtel vers la gare Montparnasse. Il me faut ces récréations pour pouvoir tenir la semaine dans les centrales. 

Farida, elle, est parti un jour au bled (en Algérie) et je ne l’ai plus jamais revue. Elle m’a téléphoné bien plus tard pour renouer, mais j’étais dans une autre histoire de cœur.

À Gravelines, je rencontre une mignonne chtimette, Dominique. Elle me tient compagnie les nuits de brouillard.

01/07/1988

Juillet 1988 - Merlin Gerin et début dans le nucléaire

Mon diplôme de technicien en Électronique et Automatismes Industriels en poche, je me fais embaucher dans une grande entreprise de la région grenobloise pour faire des déplacements dans les centrales nucléaires.

Après quelques vacances aux Baléares avec Farida, j’assurerai le dépannage et les modifications des équipements de ce constructeur auprès de Framatome et d’EDF.

Après deux mois de formation sur le matériel à Grenoble, commence une belle période de trajets sur les routes de France. Peu de repos, dans mon petit appartement grenoblois ou en Suisse, où travaille Farida.

Je suis dévoué à la boite et disponible. Je gagne 35.000 FRF par mois. Je ne pense plus à la maladie mentale et ne prends plus aucun médicament.

Je suis devenu un sale petit con prétentieux, nucléariste et égoïste.

01/01/1988

1987 - Zaza / 1988 - Farida

Je participe au stage de Technicien en Électronique et Automatismes Industriels à l’AFPA de Pont-de-Claix (38) pendant un an. Je suis rémunéré (environ 4000 francs par mois) mais comme la nourriture et l’hébergement (en chambre de 3) ne coutent pratiquement rien, je m’en sors facilement.

J’ai, depuis peu, une nouvelle copine, Zaza. Je l’initie (entre autre) à l’héroïne…
Très vite, elle ramène de belles quantités de dope d’Amsterdam, car elle connait un moyen de passer facilement les douanes. Pour passer du temps ensemble, nous profitons de la maison de campagne de mes parents proche du centre de formation ou nous nous faisons héberger chez des copains grenoblois, Sophie et Rémy. Avec eux, nous faisons de belles fêtes.

Sophie & Rémi
Sophie et Rémy


Le rythme est un peu dur à soutenir, car pendant que les trois autres dorment, je dois aller en cours. La dope m’aide à tenir le coup. J’ai quelques remontrances de la part des formateurs à l'AFPA.
De jour en jour, Zaza fait de plus en plus de cinéma pour capter mon attention. Elle n'est pas très discrète avec la came non plus. L’histoire pourrait mal tourner et comme j’ai repéré à l’AFPA une petite Farida qui me plait bien, un matin, alors que nous nous étions engueulés (pour une histoire de dope surement), je mets Zaza dans un train pour Toulouse (où habite son père) et je lui dis au revoir. 

Peu de temps après, j’entame une relation avec Farida.

Le stage à Pont-de-Claix se finit tant bien que mal. 
Heureusement, comme j’ai un très bon niveau en informatique, je réussis l’examen.

01/09/1987

Septembre 1987 - La fuite


Quand un ami m’explique qu’une nuit, il a vu les gendarmes fouiller les poubelles de mon atelier, je décide qu’il est temps de quitter Saint-Jean-De-Maurienne. J’intègre alors un stage d’électronique industrielle à l’AFPA (Centre de formation professionnelle pour adultes) de Pont-de-Claix à côté de Grenoble.

01/06/1986

1986 - Renaissance

30.10.1985
Commence dès ce jour à Lyon un stage d'informatique pour une durée de 5 mois, il sera logé là-bas dans un foyer logement. En cas de problème, il a de la famille, un cousin germain qui accepte de le prendre en charge chez lui. Il a été contacté pour ce stage, suite à un test passé il y a un an, stage programmé par une boite américaine.
Il reviendrait une fois par semaine à Chambéry.
Je lui fais un renouvèlement d'ordonnance pour un mois avec un passage de PIPORTIL L4 de un CC à ½ CC tous les 28 jours.
Prochain RV le 16 novembre dans la matinée.
H.Aussedat


Je ne reverrai le Dr Hélène Aussedat qu'en 2021.

Fin octobre 1985, je commence, donc, une formation pour devenir analyste programmeur en informatique à Villeurbanne, près de Lyon. Cet organisme de formation privé s’appelle Control Data. Les cours sont très difficiles, surtout pour moi qui sors de cette période en psychiatrie qui m’a fait perdre beaucoup de mes capacités et les médicaments encore présents dans mon organisme. Je dois pourtant asiminier des langages de programmation compliqués (Cobol, Fortran, Pascal… )  en très peu de temps. Avec un cerveau encore bien ralenti par les résidus médicamenteux, je n'y comprends pas grand-chose ! La nuit, je couche dans une SONACOTRA, un foyer pour travailleurs minable et déprimant à une heure de métro et de bus de la formation. Ma chambre fait moins de 4 mètres carrés (à peine la place pour un lit, une armoire, une toute petite table, une chaise et un lavabo qui fuit. Les douches communes sont à l’étage, pas chauffées et dégueulasses (je ne me lave que le weekend chez mes parents). Je dois me faire à manger dans une cuisine commune qui pue, elle aussi. Il y a avec moi quelques autres stagiaires et des travailleurs immigrés qui ne parlent pas français. 
Je suis mal et au lieu de travailler mes cours d'informatique, je dors jusqu’à midi. Je n’ai qu’une petite radio comme compagne. Le vendredi soir, je rentre en Savoie et je n’ose pas parler de mes problèmes à mes parents de peur de les décevoir.
Au bout de deux mois, ma moyenne est insuffisante et la directrice me fout dehors.
Je rentre en Savoie, chez mes parents à Saint-Jean-de-Maurienne, avec un sentiment de lassitude et d'échec, mais aussi de soulagement.

Je traine un peu à l’ANPE et on me propose un TUC (Travail d’Utilité Collective) au lycée Paul Héroult de Saint-Jean-de-Maurienne. J'aide les élèves pour l'informatique et crée quelques programmes de gestion pour le lycée technique. Je ne gagne que 2500 francs par mois (moins de 400 €) mais je mets tout mon cœur à aider les élèves à comprendre l'informatique, une nouvelle discipline pour l'éducation nationale. Je crée également un programme de gestion des fournitures pour l'économat du lycée.
J’habite chez mes parents. Je suis encore très fatigué et très solitaire. Je me rappelle mes siestes devant le feuilleton Dallas avec Bambou, notre petite caniche, qui dormait sur mes jambes.

Puis, très progressivement, les effets des médicaments disparaissent. J'intègre alors une bande de copains de la ville. Des copains et surtout des copines. Nous faisons la fête et je recommence à me droguer… du dur !

Nous allons souvent en Italie à Turin où la dope est moins chère et assez facile à trouver.

Bizarrement, la prise d'héroïne me redonne gout à la vie. 
Mon contrat de TUC pour l'enseignement national fini, je trouve des missions en intérim assez bien payées pour quelqu'un qui comme moi n'a qu'un bac C et un demi diplôme d'art plastique.

Je dégote aussi, gratuitement, un immense atelier. Je reprends la peinture et, avec les copains, nous y faisons de belles fêtes.


La psychiatrie avait rendu ma vie noire, triste et compliquée. Tout redevient beau et agréable. 
Comme je n’ai plus de suivi médical et plus de médicaments, je maigris. J’ai le vent en poupe. Profitant de mon aura d’artiste maudit, punk et rebelle, je fais un maximum de conquêtes féminines. 


Je travaille aussi, maintenant, dans une usine du groupe Atochem, à 10 kilomètres de Saint-Jean. Je suis ouvrier de fabrication en produits chimiques : Un boulot vraiment tranquille en horaire en 3/8 qui me laisse pas mal de temps pour peindre, baiser et me défoncer. J'ai une copine officielle qui s'appelle Isabelle : Le bonheur !