2017/02/04

Weekend délirant au CHS de la Savoie

Le samedi 4 février 2017 et le dimanche 5

Mon cerveau est comme déconnecté.

Je ne sais pas si cela vient de la reprise trop rapide de la forte dose d'Aripiprazole (générique de l'Abilify - 20 mg) + Loxapac (300 mg/jour) mais pendant plusieurs jours, je suis comme inconscient (mort ?) et mais je délire beaucoup alors que l'effet recherché par les soignants est le contraire.

Comme je devais pas mal les solliciter, les infirmières et infirmiers ont choisi de m'enfermer dans ma chambre et de me charger en médicaments. Je me rappelle avoir râlé car ils m’administraient 20 mg d'Abilify matin, midi et soir (dose létale) au lieu des 10/0/0 prescrits par le docteur Séchier.

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas ce qui a été réel et ce qui a été " déliré ". De cette période, il ne subsiste que des sortes de "songes" tellement marquants, qu'ils sont devenus, plus ou moins, la (ma) réalité.

Même s'il y avait dans mon esprit une forte distorsion du temps et de la position géographique, contrairement à un rêve, le souvenir de ces 2 jours hors de mon corps persiste et s’intègre, par taches floues, dans la réalité de mon vécu, comme le font les souvenirs. Il m'est pratiquement impossible de trier ce qui est une pure projection de mon cortex délirant et ce qu'il s'est réellement passé pendant ce weekend-là à l’hôpital psychiatrique de Bassens.

Délire initiatique (2021)


Il y a eu, pendant cette période, le délire d'avoir été violé par un autre patient (encore difficile à raconter).
Puis une expérience proche de la mort imminente, un déplacement de ma conscience dans le cosmos, un fil d'Ariane perdu et retrouvé par les larmes de ma fille Marilou. 
Puis je ressuscitais ce samedi après-midi dans la chambre de l'hôpital et sombrais dans un autre délire >>
" Judith était venue me rendre visite l'après-midi avec les enfants. J'avais réussi à la convaincre de l'imminence de la fin du monde. Un Agamemnon, par basculement des pôles et une vague submersive, auquel, nous échappions juste après ma fugue de la clinique ce samedi soir grâce à un refuge dans la montagne ....Nous créerions ensuite une nouvelle civilisation (assez mégalo, à y réfléchir, ce songe) ".

Bien sûr, personne n'était venu me visiter ce weekend là. Je ne me suis pas fait violer non plus.

Cette expérience m'a cependant marqué profondément. Elle s'est inscrite dans ma mémoire comme un souvenir. Il me faudra longtemps pour l'évacuer et réellement faire la part des choses. 

XXI. Le passé nous révèle l'avenir : nous concevons ce qui sera d'après ce qui fut. En t’élevant au-dessus du présent, tu t’inities au Grand Œuvre achevé ; tu rentres dans le Cosmos, c’est-à-dire dans le Monde en puissance de coordination définitive. Il s'agir d'une réalisation subjective qui n'a rien de chimérique. L'homme est l'athanor où murit le pur or philosophal. Réalise en toi-même l’idéal de la création, pour conformer ton Microcosme à I'harmonie du Macrocosme, car tel est le suprême objectif du Sage.   

XXII. Quand tu auras atteint le sommet d'où se contemplent tous les royaumes de la Terre, ta vue plongera, au-delà du concevable et tu succomberas au vertige de l’Infini. Ensoph, l’Abime sans fond, t'absorbera, pour te ramener dans le sein maternel de la Grande Nuit, génératrice des êtres et des choses. Ici la raison se tait devant l’ineffable Mystère des mystères fatalement muet. Prends conscience de ton néant, car, sans pieuse humilité, pas de réintégration dans le Tout primordial !