2019/11/13

Intervention à la faculté de Grenoble Alpes

A l'invitation de mon amie Catherine Bortolon (Maître de Conférences à l'Université Grenoble Alpes), j'intervenais hier (12 novembre 2019) devant des étudiants en psychologie pour parler de la schizophrénie. J'ai besoin de m'améliorer mais cet exercice m'a bien plu. J'en ai tiré un audio que je partage avec vous ici :

2019/11/10

FOU


" Les hommes m'ont appelé fou ; mais la science ne nous a pas encore appris si la folie est ou n'est pas le sublime de l'intelligence. "

" Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis ".
                                                                                                     Edgar Allan Poe

2019/05/31

Nouvelle vie ?

Longtemps j'en ai rêvé; repartir à zéro... Commencer une nouvelle vie.

J'ai passé 30 ans à travailler dans le domaine de l'énergie. J'y ai eu 3 ans de gloire. Jusqu'au jour où, stress aidant, j'ai décompensé. C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux. Je me rappelle de ce moment et de sa bizarrerie comme si c'était hier.

Après un épisode en hopital psychiatrique à la demande du préfet du Loiret (HO), j'ai essayé de reprendre mon métier de chef de chantier en centrales nucléaires. Je n'y suis pas arrivé.

Les années suivantes,  j'ai été reclassé dans des travaux de moindre importance et moins bien payés.

Pendant presque 20 ans, répondant à l'insulte de "Malade mental", j'ai dû subir un chef de service malveillant qui cherchait à tous prix à me foutre dehors.  Mais, là,  j'ai tenu. Sans statut d'invalidité particulier, j'ai résisté.

Quand il est enfin parti à la retraite, son remplaçant m'a donné une chance en me nommant contrôleur technique. De ce job, aussi, j'ai vite fait le tour. Job à la con où j'étais devenu " cocheur de cases " , un bureaucrate inutile ou presque.

Puis sont venus les interrogations et les scrupules - un autre conflit de loyauté - vis à vis de moi-même (de mon métier) et des générations futures (mes valeurs). Une autre " schizophrénie ".



Il y avait longtemps que je ne trouvais plus de motivation pour aller travailler tous les matins et ce fut de pire en pire.
Les dernières années de boulot, tellement il était devenu ennuyeux et monotone, furent extrêmement douloureuses pour, au final, déboucher sur un ultime bore/burn-out puis une nouvelle décompensation.

Début 2017, me voyant incapable de reprendre mon job, mon psychiatre me proposa un statut d'invalidité. Comme la pension représentait la moitié de mon salaire et qu'elle était complétée par une rente (assurance) j'ai  accepté.

Sans avoir le souci du travail, une nouvelle vie allait commencer pour moi et, même si la psychose est toujours là,  je me soigne. 

2019/05/06

Délire psychotique ou délire artistique ?

Comme le décrit le peintre Gérard GAROUSTE dans son autobiographie ' L'Intranquille ", le délire créatif (ou artistique) est finalement assez contenu alors que celui du psychopathe n'est pas inscrit dans une technique d'expression quelconque. Le délire psychotique nous déborde et nous fragmente. Le délire créatif nous centre, au contraire et le résultat en est la production.

J'ai discuté de ça avec des psychiatres lors d'une réunion publique (Je suis celui du public qui pose 2 questions dans cet audio de ma production).

2019/04/06

Réseau des Entendeurs de Voix

Depuis quelques temps, je participe à 2 groupes de paroles. L'un,  K2, est axé sur la bipolarité et l'autre, le REV, est le réseau des entendeurs de voix (et autres phénomènes non partagés). Les 2 groupes sont intéressants voire complémentaires. Malheureusement, les réunions mensuelles tombent parfois au même moment. Vraiment, entre les 2, mon coeur balance. 

2019/03/13

16ème Journées de la Schizophrénie



Par l'intermédiaire de Jean Falcoz (Papa de 2 garçons schizophrènes de la région grenobloise), je me suis inscrit comme bénévole aux Journées de la Schizophrénie parler au public de cette maladie qui m'a affecté à l'âge de 21 ans (j'en ai aujourd'hui 56). Plus que la déstigmatisation, je vais porter le message :  " On peut avoir une vie belle malgré cette pathologie. "

2019/03/04

µexpo au Chimère Café / l' Art du Lien

Le 8 février 2019, Elisabeth SENEGAS me propose d'exposer au Chimère Café, 12 rue Voltaire à GrenobleJe commence donc, ce jour, une réflexion sur ce qui me relie aux autres.


Ce qui me lie aux autres humains ?  Question très intéressante :

La schizophrénie est une maladie du lien. Maladie du lien perdu avec les autres, justement. Lien avec les autres qui est devenu aliénant jusqu'à se rompre. Ce qui lie aux autres c'est le désir, l'envie, l'amour, le sexe, les luttes, les combats que l'on mène ensemble, les associations citoyennes de défense des droits humains. Les hobbies, les passions, le sport, les croyances, les non croyances, l'athéisme, la "religion", religaere en latin. La mort, la maladie, les difficultés de la vie que l'on essaye de surmonter ensemble. L'Art, la beauté, la philosophie, la spiritualité, les émotions, les sentiments. La haine, le mépris, le racisme, l'intolérance et le fanatisme peuvent aussi lier les personnes . La schizophrénie fait perdre le lien aux autres. Il s'agit alors de créer de nouveaux liens de créer une nouvelle histoire, une nouvelle aventure. Dés la naissance, nos liens sont sans cesse renouvelés, tel le cordon ombilical qui est tranché. Le lien avec la mère qui se transforme. D'autres liens avec d'autres personnes viennent se greffer autour de l'enfant. 
Bref, Vive les liens ! Sauf les liens aliénants.

2019/02/04

(Re)prise d'une activité physique

Je vais toute à l'heure rendre visite à une coach sportive qui  aide les gens à reprendre une activité physique après une maladie. 

Même si j'en ai le potentiel, je n'ai jamais été très sportif. Ayant du mal à évaluer le long terme et cherchant toujours un feedback quasi instantané, l''effort physique n'est pas tellement dans mes habitudes. 

Nourrissant une basse estime de moi-même, je me "retrouve" plus dans l’échec que dans la réussite. L'échec m'évite de remettre en cause mes propres compétences. Je me suis ainsi créé un auto-handicap:  je ne me prépare pas comme il faut pour une échéance longue et je choisis systématiquement des objectifs trop difficiles ou impossibles à atteindre.  Dans cette prophétie auto-réalisatrice, pour éviter l'échec, souvent je préfère ne rien faire (procrastination / acrasie). 

Il y a peut-être là les fondements de la maladie. Ne pas savoir doser l'effort m'a souvent amené à la rupture psychologique et à une sorte de panique proche de l'agitation face à des montées en puissance souvent épuisantes pour mon intellect.

Pour le moment, je souhaite juste intégrer l'activité physique à mes habitudes de vie.  Je vais y aller tranquillement, et pas à pas, pour ne pas être dégoûté dès la première séance.