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14/06/2025

Evolution du cerveau ou homme augmenté ?

 Comme j'ai été étiqueté schizophrène à l'age de 21 ans, pour justifier mon existence, je suis un peu obligé d'être prosélyte.

En décembre 2021, j'étais intervenu (à  <>15 minutes du début) dans l'émission de France-Inter  :

Le Dr Raphaël Gaillard ne semblait pas vraiment avoir compris ma question. Elle était de savoir si les "fous" n'avaient pas un cerveau qui parait dysfonctionner, mais qui parfois, en fait, pouvait être une près-série de l'évolution du cortex. Le trouble mental au sens où l'entend la psychiatrie (comme l'Entente de voix ou les visions*) serait alors une sorte d' "essuyage de plâtre de l'évolution du cerveau"

(* Je n'emploie pas les mots d'hallucinations auditives ou visuelles).

29/05/2025

Humeur et Rythmes

Si la folie est une coupure de la relation avec les autres, elle est aussi une rupture du rythme, une perte de structure. Un état stable implique une certaine routine. Quand cette stabilité devient une mélancolique monotonie, il en relève de la stase et de l'engourdissement psychique. La conscience alors lassée cherchera une issue. La folie peut être perçue comme une déconnexion des attentes sociales, des routines et des rythmes habituels qui nous invite à reconsidérer la santé mentale dans un cadre plus holistique, intégrant la relation, le rythme et l'expérience vécue.

La santé mentale est intimement liée aux rythmes biologiques. Ses troubles sont, la plupart du temps, associés à des perturbations dans le sommeil, l'appétit et l’énergie, affectant ainsi la façon dont une personne s'engage dans la vie quotidienne. Une personne dépressive, par exemple, peut se retrouver dans un cycle d'insomnie ou d'hypersomnie, qui la conduit à un décalage par rapport aux rythmes classiques de la vie sociale et professionnelle.

Les routines et les rituels structurent souvent nos expériences quotidiennes et nous aident à naviguer dans le monde. Ils fournissent un cadre prévisible qui nous stabilise. Chez une personne folle, ces rituels peuvent être perturbés. Un individu peut sentir qu'il ne peut plus suivre les normes de comportement attendues, ce qui entraîne un stress supplémentaire et une perte de contrôle sur sa vie.

La folie transforme également la manière dont un individu perçoit le monde. Cela peut aller de la dissociation, où l'individu se sent détaché de sa propre expérience, à la manie, où la perception est trop intense. Ces états altèrent la relation d'un individu avec ses pensées, ses émotions et son environnement, perturbant encore plus ses rythmes de vie.

Il est intéressant de noter que certains penseurs et artistes ont exploré cette rupture du rythme comme une forme de créativité radicale. Des figures comme Van Gogh ou Virginia Woolf ont considéré des émotions intenses et des expériences de folie comme sources d'inspiration. Cela soulève la question de savoir si, dans certains cas, cette rupture peut aussi mener à une forme de réinvention de soi ou de travail artistique.

La folie, en tant que coupure de la relation avec l'autre et rupture du rythme, ouvre un champ d'exploration riche et complexe. Elle nous pousse à réfléchir à la nature des relations humaines, à l'impact des normes sociales et à la manière dont les individus peuvent trouver leur place dans un monde souvent dysfonctionnel. 

Entre l'angoisse d'un futur qui se révèlera, de toute façon, différent de ce que nous projetons et la souffrance d'un passé parfois pas si douloureux, le présent est-il un état de stabilité établi ou une porte ouverte au mouvement de la vie ? 
 

 Ce temps arrêté, ces moments où rien ne semble se passer, où tout semble suspendu est le moment du bardo psychiatrique d'Artaud. Il est celui où les psychiatres aiment nous voir. Ils craignent que nous franchissions le portail. Quand nous en passons le seuil, avec leurs drogues, ils nous ramènent à l'endroit que la société (l'environnement) détermine comme sécure pour elle. 

04/11/2023

Persona (non grata ?)

Combien de persona* pour découvrir notre Dieu intérieur ? Combien de rôles à jouer ? 
Adhésion puis répulsion : Comment se débrouiller avec ça pour être enfin soi-même ?
               

* persona vient du latin (du verbe personare, per-sonare : parler à travers) où il désignait le masque que portaient les acteurs de théâtre. Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l'acteur l'apparence du personnage qu'il interprétait, mais aussi de permettre à sa voix de porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs.

Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s'identifier à la persona, conduisant l'individu à se prendre pour celui qu'il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement. Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l'identité réelle de l'individu.

04/02/2019

(Re)prise d'une activité physique

Je vais tout à l'heure rendre visite à une coach sportive qui aide les gens à reprendre une activité physique après une maladie. 

Même si j'en ai le potentiel physique, la carrure, je n'ai jamais été très sportif. Ayant du mal à évaluer le long terme et cherchant toujours un feedback quasi instantané, l'effort physique n'est pas tellement dans mes habitudes. 

Nourrissant une basse estime de moi-même, je me "retrouve" plus dans l’échec que dans la réussite. L'échec m'évite de remettre en cause mes propres compétences. Je me suis ainsi créé un auto-handicap :  je ne me prépare pas comme il faut pour une échéance longue et je choisis systématiquement des objectifs trop difficiles ou impossibles à atteindre.  Dans cette prophétie autoréalisatrice, pour éviter l'échec, souvent, je préfère ne rien faire (procrastination / acrasie). 

Pour le moment, je souhaite juste intégrer l'activité physique à mes habitudes de vie.  Je vais y aller tranquillement, et pas à pas, pour ne pas être dégoûté dès la première séance. 

28/12/2018

Déprime automnale et collapsologie

La fin de 2018 a été difficile : Comme souvent un état dépressif lié à la réduction de la lumière diurne me plombait dans une sorte d’apathie.
J'ai bien une lampe de luminothérapie mais je ne l'ai utilisée que sur le tard.
J'ai passé beaucoup de temps à ruminer et à me sentir impuissant en découvrant la collapsologie.



A Noël, nous avons passé une semaine à Saint-Jean-De-Maurienne chez maman. L'ambiance était apaisée et ce retour en Savoie m'a fait du bien. Malheureusement, sur le plan pondéral, j'ai pris quelques kilos avec la bonne nourriture de fête.

Au solstice, la motivation est doucement revenue.

20/08/2018

Le schizophrène n'est pas sociable !

Quand ils sont hospitalisés, les gens se plaignent souvent que leurs amis les laissent tomber.
C’est vrai que j’ai ressenti ce genre d’abandons lorsque j’étais seul entre les 4 murs d’une chambre d’hôpital psychiatrique. Solitude, aussi, et souvent pire, quand il me fallait ré-affronter la vie sans pratiquement aucun soutien. Solitude dans la tête surtout et ce sentiment abominable de ne plus avoir personne à qui parler, ni par qui être compris.

J'ai quand même eu la chance d’avoir quelques copains fidèles qui ne m’ont jamais laissé tomber, même si plein de cachetons, il faut bien le dire, je n’étais pas d’une compagnie très hilarante. Quand la plupart avait déserté le navire, ceux-là m’ont soutenu dans l’épreuve ne cherchant pas à comprendre pourquoi j’avais été hospitalisé. Ils ont continué à être mes potes, tout simplement, me parlant comme si de rien n’était. Et de cela, je les en remercie.


Les autres comme ils cherchaient à m’analyser, voire à me juger, se sont vus renvoyer une image tellement inquiétante et incompréhensible de ce qu'il se passait dans ma tête qu’ils sont partis à jambes déployées. 
Bon débarras !
Cependant, je ne leur en veux pas.

09/08/2018

Schizophrénie : une maladie qui ne va pas de soi.

Je regarde et j'écoute beaucoup d’émissions sur la schizophrénie (trop peut-être !). En voici une qui apporte des éclaircissements nouveaux sur la pathologie, notamment sur la désorganisation cognitive et l'intemporalité typiques à la maladie.

22/01/2018

Gros sac plein de dopamine et de graisse !

Il y a beaucoup de théories sur la schizophrénie. J'en cherche chez moi les causes depuis des années. 
C'est peut-être un peu idiot car souvent mes recherches me projettent dans un passé extrêmement douloureux. Il y a eu le dénie de la maladie, le sentiment d'injustice et surtout beaucoup de tristesse quand je m'imagine vivant sans cette pathologie.

 Aujourd'hui, il me semble pratiquement impossible de me passer (sur le long terme) des neuroleptiques.


L'épisode de février 2017 me montre que (même accompagné) il est très risqué pour moi de les arrêter.  Me voilà condamné à en prendre toute ma vie.

A la manière de Gérard Garouste, cela me serait bien égal. Ce serait même un bien si je ne grossissais pas comme c'est actuellement le cas. J'ai repris 15 kilos en moins d'un an ... Et ça , c'est difficile !

30/08/2017

Test amusant:

Pour vous rendre compte de la stigmatisation (consciente ou non) vis à vis de la maladie mentale, voici une expérience amusante :

Dans une réunion publique comme, par exemple, un vernissage, quand vous rencontrez d'autres personnes jusqu'à là inconnues et  que la discussion devient courtoise et sympathique, lâchez un : « En fait, je suis schizophrène ... » et observez, alors, la réaction de ces personnes pourtant si courtoises et si sympathiques ...

... en général, c'est un très bon moyen pour faire le vide autour de soi.

03/02/2017

Il fait très froid et je vais de plus en plus mal

Ce début janvier 2017 est très froid à Grenoble. L'atelier est impraticable car il n'y a qu'un ou deux degrés de différence avec l'extérieur. Mes seules sorties sont dédiées à mes rendez-vous à C3R (psychothérapie et méditation). J'ai l'impression que la pleine conscience me prive de projets et de projection dans le futur.
Comme je m'ennuie, je fume aussi pas mal d'herbe.
Ainsi, je m'éparpille. Je pars dans tous les sens à la fois. Je ne reconnais pas (ou plutôt fait semblant de ne pas reconnaitre) les symptômes de l'hypomanie qui reviennent.  
Je téléphone au Docteur Philippe SECHIER pour un rendez-vous dès que possible. Il a quelque chose en moi qui me dit que ça ne va pas.



Une encore plus inquiétante étrangeté m'envahit ce jeudi soir de grosse fumette alors que je séjourne pour une courte semaine de "mise au vert" chez mes amis savoyards Puce et Tim. 
Pendant ce temps là, un voisin est en train de mourir dans l'appartement en dessous de chez eux. 

Le lendemain, je leur demande de me conduire à l’hôpital psychiatrique de Bassens pour mon RDV avec le Docteur Séchier. 
Je pense alors que je risque d'y passer un long moment.

Extrait de mon dossier médical :

Docteur SECHIER Ph.

Admission ce jour dans le service en hospitalisation libre au décours d'une consultation ambulatoire dont la date a été avancée. Monsieur GOIRAND est manifestement en voie de décompensation psychotique, il présente des symptômes de dissociati0on mentale avec un relâchement associatif, des coq-à-l'âne, des moments où la pensée semble se suspendre. Il tient par moment un discours hermétique et impénétrable. Il est allusif et semble penser que l'on peu deviner les contenus de sa pensée. Il est également désorganisé, il a du mal à tenir en place, le comportement moteur n'est pas adapté. Nous n'avons pas mis ce jour en évidence d'idéation délirante. L'humeur et modérément exaltée mais dans une dynamique manifestement hypomane. Les besoins de sommeil sont réduits. 

Il a récemment quitté Grenoble pour aller chez un couple d'amis qui réside à ST Etienne de Cuines et qui l'accompagne ce jour, et confirme le changement dans le fonctionnement psychique de Monsieur GOIRAND. Au fil de l'entretien d'ailleurs, le niveau de performance baisse de même que les capacités adaptatives. 

Monsieur GOIRAND n'est plus exposé au traitement antipsychotique préventif depuis deux ans et il est vrai que durant cette période, il s'est avéré asymptomatique. Malheureusement, l'évolution confirme la persistance de la vulnérabilité psychotique et un facteur de stress réparable pouvant être un facteur déclencheur a été l'examen par le Docteur FAURIS, praticien de la Sécurité Sociale de Grenoble qui a décidé de mettre un terme à l'arrêt de travail en cours, le 1er Mars 2017 avec une orientation en invalidité en Catégorie 1.

Nous prenons dons la décision d'une hospitalisation, probablement de courte durée afin de réintroduire le traitement antipsychotique par ABILIFY 10 g par jour + IMOVANE : 1 comprimé si besoin. 


09/11/2016

Ce monde parfait !

« Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l’école au service de la société » disait Gaston BACHELARD. Pourtant, aujourd'hui, l’école nuit au développement personnel des enfants. Elle prône, de plus en plus tôt, une mise en phase avec un model unique, vise l’optimisation de la performance et laisse de moins en moins de place pour la réflexion, le sentiment et l'expression.

Juddu Krishnamurti
Formater les enfants pour en faire de bons conso-acteurs et appeler cela l’ « intégration sociale » est une supercherie: Le moule scolaire interdit toute dérive idéologique autre que celle qui prône l’ultralibéralisme à tout crin et la consommation de masse.



L'Histoire, la Philosophie, les Arts ou la Littérature ne seront bientôt plus dispensés dans les écoles car ces matières peuvent éveiller la curiosité des plus jeunes et risquent, par la suite, d'en faire de vilains réfractaires.

La différence, cette source d'inspiration et de créativité, pourtant tellement vitale pour changer ce monde en pleine déliquescence, n'est plus admise.

Les restrictions imposées aux enfants font parfois penser que l'autisme serait une réponse presque reptilienne du tout petit face à l'agression sauvage dont il est victime. Avec son classique repli vers un monde personnel meilleur, l'autisme serait, alors, le premier refuge de la conscience naissante.
Accepter ou pas un monde qui place l'argent, le pouvoir et la violence comme les plus belles des valeurs est une option de vie que l'on devrait pouvoir mûrir librement. Ce choix est pourtant interdit et est même répréhensible. Les programmes de l'Education Nationale sont obligatoires jusqu'à l'âge de 16 ans . Ne pas y adhérer est un pari dangereux où le jeune adulte insoumis risque de se voir renvoyé sur le banc de touches de manière violente et rapide.




La loi et la justice protègent la société contre ceux qui ne se conforment pas aux règles imposées par les plus puissants. La sanction la plus courante demeure l'emprisonnement mais, de tout l’arsenal juridique, les soins psychiatriques sans consentement et plus particulièrement l’hospitalisation d’office (appelée aujourd’hui « soins psychiatriques sur décision d'un représentant de l'état ») sont les plus abjects. Sous prétexte d'une déviance, ils répondent, à l’avance, et souvent arbitrairement, à une éventuelle mise en danger du système par ceux qui pourtant le constitue et pourraient même le faire évoluer demain.

« Sur le fondement d'un certificat médical circonstancié émanant d'un psychiatre, le préfet prononce par arrêté l'admission en soins psychiatriques d'une personne dont les troubles mentaux nécessitent des soins, compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l'ordre public », ainsi, sans qu’aucun reproche ne puisse lui être fait, hormis celui de ne pas penser « comme il faut », les psychiatres, souvent avec l’aide de la police, se chargent du sale boulot et de la « reconduite dans le droit chemin » et de faire ré adhérer le déviant au modèle. La psychiatrie est le bras séculier des lobbies et des politicards. Elle incarcère et reprogramme les plus rebelles d'entre nous sous prétexte, qu’un jour, ils pourraient être dangereux. 


Quand le dispositif psychiatrique se referme, nous comprenons que nous venons de nous faire prendre et que notre calvaire durera jusqu’à la mort. Notre vie sera différente de celle que nous projetions et notre destin sera bouleversé.

Plus nous nous agiterons, plus nous protesterons, plus nous tenterons de nous justifier, plus violente sera notre souffrance.

De la contention aux neuroleptiques, l’arsenal barbare de la psychiatrie est vaste et puissant.
Les plus rétifs, mutilés par l'ablation d'un bout du cerveau, seront définitivement transformés en de dociles légumes. Malgré toutes les croyances, la lobotomie est toujours pratiquée. La recommandation 1235 de 1994, relative à la psychiatrie et aux droits de l’homme (Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe) l'évoque et stipule d'ailleurs qu’elle, et la thérapie par électrochocs, peuvent être pratiquées « si le consentement éclairé a été donné par écrit par le patient lui-même ou par une personne choisie par le patient pour le représenter, un conseiller ou un curateur et si la décision a été confirmée par un comité restreint non composé uniquement d'experts psychiatriques ».




S'il faut quelques fractions de secondes, et un verre d’eau, ou le temps d'une injection, pour commencer un traitement par neuroleptiques mais, après, il sera pratiquement impossible de l'arrêter.

La rechute inévitable qu’entraînerait l'arrêt du traitement est l'une des nombreuses épées de Damoclès brandies par le personnel des hôpitaux psychiatriques. L'est aussi celui de l'instauration d’un état de pathologie chronique. Ainsi effrayé, le patient ne pourra qu'adhérer au programme de soins. Comme révélée, il y déjà longtemps, par Henri LABORIT ou Stanley MILGRAM, parler de « neuro-plasticité provoquée » pour créer la soumission n’est pas aberrant. 
La perte de confiance en soi provoquée par l'autoritarisme abusif des personnels de santé trouve ses fondements dans la peur, la menace et l’infantilisation avec tout un contingent de phrases et de gestes qui seraient presque anodins dans un autre contexte mais qui sont là autant de " micro-violences ". 
La chambre d'isolement est une brimade courante. 
La contention fait qu'à cause du manque de personnel, le patient peut se retrouver sanglé sur un lit pendant plusieurs semaines. On lui mettra une couche culotte ou une sonde urinaire et on lui injectera un produit anticoagulant chaque jour. 

La description d'un futur, de toute façon pourri, peut aussi conduire certains patients au suicide. Les psychiatres, bien sûr, diront, alors, que c'est à cause de la dépression liée à la maladie. 

Dans la société, le lien social n'existe plus. Les rapports y sont de plus en plus superficiels et les contraintes de plus en plus fortes mais c'est bien pire dans les institutions. Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance dans les hôpitaux psychiatriques que peu arriveront a y supporter un séjour. Le dictât des autorités est tellement illégitime qu'il ne peut être qu'abusif. 

Soit tu adhères à cette société, soit, comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans aucune concession ni le moindre regret ».    

04/01/2016

" Déviants " en termes sécuritaires :

Quand, dans le DSM-5, la psychiatrie abandonne les sous-types de la schizophrénie, elle globalise les troubles mentaux, et "invente" aussi des terroristes.

23/10/2014

Merci Yann Doornbos !


J'ai reçu très récemment, de la part de Yann Doornbos, un exemplaire dédicacé de son dernier essai. Même s'il cite ce blog, en annexe (page 144), je ne me retrouve pas vraiment dans son bouquin.  



        " Les hôpitaux psychiatriques sont en crise. Personne ne s'y repose car il y a beaucoup trop de violence. Dans la « cour de récréation », les médecins semblent dépassés et ils perdent leur bienveillance avec le temps. La chimie neuroleptique passe pour une panacée aux yeux des décideurs et de l'opinion publique mais ces solutions sont très factices. Un vrai handicap pour l'esprit. Une réforme serait nécessaire mais elle n'aura pas lieu. Les budgets diminuent. La violence des jeunes est en hausse dans l'hôpital. Le corps médical manque d'idées et parfois de moyens. Fuite devant l'adversité. Dans ce contexte, tout vrai débat sur la schizophrénie est faussé. Les psychiatres gardent le monopole des discours officiels et contrôlent activement la production d'idées sur le sujet. L'existence d'autres formes de réalité et d'une morbidité extérieure à la personne est systématiquement occultée."

09/04/2014

Réduction du traitement et prise de conscience

Voilà plus d'un trimestre que je n'ai posté ici. La raison en est simple : depuis le début de l’année, j'ai entrepris une réduction progressive du traitement. visant son arrêt à terme. Et je me concentre sur ce point.
Depuis quelques temps déjà, je suis bien entouré et il m'a fallu tout un travail pour que mes soignants et mon entourage me suive dans cette démarche d’arrêt du traitement. 
Pour la plupart d'entre eux, le statu-quo obtenu depuis ces dernières années semblait satisfaisant et suffisant puisqu'il me permettait de mener une vie très correcte. 
C'est vrai que vu comme ça, je donnais le change et que rien ne laissait plus soupçonner une quelconque pathologie psychiatrique. Bonne insertion sociale, professionnelle et familiale sont des choses auxquelles je travaille depuis des années et que, visiblement, j'ai réussis. 
Cependant, je voulais aller plus loin et m’affranchir totalement de la psychiatrie et surtout de la pharmacopée ; Rude tâche mais aussi beau challenge !
Pour moi ce retour à une vie sans médicament est important. 
Si depuis 30 ans, j’ai tissé mon existence autour de la schizophrénie, je ne pouvais concevoir la fin de ma vie avec elle et surtout avec les médicaments. Mon chemin, par les rencontres, par l’expérimentation de diverses techniques de soins parallèles m’a donné l’espoir que cela était possible.
Je suis peut-être dans l’erreur et ça c’est l’avenir qui le dira. 
Puisse que j’ai eu son aval, j’entreprends donc avec mon psychiatre savoyard, le Dr Séchier, un programme établi par lui très très progressif de réduction de l’Abilify.
Depuis début janvier, tout doucement et par palier de 2 mois, j’ai réduit les doses par 3, et, au lieu des 5mg/jour, aujourd'hui, je ne prends plus que 5mg tous les 3 jours.

Je vous tiendrai au courant de la suite des événements mais 


jusqu’ici tout va bien. 

13/01/2014

L’égocentrisme sous l'éclairage bouddhiste


« Quand nous pensons continuellement “moi ! moi ! moi !” et ne parlons que de nous-mêmes, nous réduisons considérablement la dimension du monde que nous voulons nôtre, et les événements qui se produisent dans la sphère étroite de cet égoïsme nous affectent profondément et troublent à coup sûr notre paix intérieure. La situation est très différente quand nous nous sentons en premier lieu concernés par les autres, quand nous pensons que ces derniers sont si nombreux que nos préoccupations personnelles, en comparaison, sont négligeables.
Si, de plus, notre désir est de résoudre leur souffrance, celle-ci, loin de nous décourager, ne fait que renforcer notre courage et notre détermination, à l'inverse de l’apitoiement sur soi qui nous déprime et sape notre courage ».


Enseignements oraux donnés à Schvenedingen en Allemagne, 1998. 
FOURTEENTH DALAI LAMA, TENZIN GYATSO (b. 1936)

02/01/2014

2014

2014 marque pour moi, un premier arrêt des neuroleptiques. Le Docteur Philippe SECHIER est là pour m'aider au sevrage. 

Il y a 29 ans, les psychiatres m'ont hâtivement étiqueté Schizophrène. J'ai vécu avec cette stigmatisation si longtemps que j'ai l'impression d'avoir toujours été un malade mental, être un malade mental.
Quand je dresse un bilan de ma vie, je m’aperçois que je l'ai menée de main de maître et que les seuls cotés obscurs de mon existence sont justement liés à ce diagnostic sans appel.
Que je sois schizophrène ou pas, finalement : quelle importance ?

Cette vie, c'est la mienne. Et je n'ai finalement que trop laissé des tiers décider ce qui était bon ou pas pour moi. C'est dans la peur de la "rechute" que ma vie a été organisée.
Mon expérience mentale est celle de la crainte, celle de l'hypothèse défavorable. Et ça, c'est assez stupide. Je ne veux plus vivre dans la crainte d'une rechute, p
arce que précisément, j'ai encore plein de choses à faire (avec les enfants et Judith notamment).

Les "gardes fous" que sont les médicaments et la psychiatrie (par définition) sont devenus avec le travail dans le nucléaire la plus contraignante des prisons.
Cette année, je fais péter les barreaux. 

Je m'évade de ce carcan, les chaines sont trop lourdes.

Extrait de mon dossier médical :

05-03-2014 - Dr SECHIER Philippe

M. Goirand va bien actuellement, il a repris contact avec le Docteur PERRIN pour soutien psychothérapique sur le plan cognitiviste avec le projet de se sevrer progressivement du traitement antipsychotique préventif.

Actuellement, il est asymptotomatique en ce qui concerne la pathologie schizophrénique, par contre, il est vrai que la réduction posologique même progressive peut rouvrir la porte à un nouvel accès aigu de la maladie.

Nous discutons avec lui de quels symptômes seraient des sonnettes d'alarme et devrait l'amener à consulter au plus vite.



04/03/2012

La schizophrénie : Quelques chiffres

En 2011, la schizophrénie touchait 24 millions de personnes à travers le monde. Chaque année, une personne sur 10 000, âgée de 12 à 60 ans, développe cette pathologie. En France, 500 000 personnes sont concernées et 300 000 sont prises en charge, ce qui en fait un des troubles psychiatriques les plus importants de l'hexagone.

Le pic de déclaration de la maladie se situe entre 20 et 28 ans chez l’homme et entre 26 et 32 ans chez la femme

L'évolution dépend de la forme clinique, la qualité de la prise en charge, la qualité de l'entourage et la rapidité du traitement. Après une prise en charge correcte, il y a plus de 50% de guérisons sociales avec stabilisation clinique. 

Le terme français de « réadaptation » désigne le processus d'entraînement d'habiletés pour que la personne souffrant d'une maladie mentale collabore à des méthodes d'apprentissage en vue de développer ses capacités, assumer ses responsabilités dans la vie et fonctionner de façon aussi active et autonome que possible dans la société. La stabilisation clinique avec suspension des symptômes s'accompagne parfois de séquelles dépressives ou pseudo névrotiques, c'est la cicatrisation pseudo-névrotique de la schizophrénie. 

La guérison authentique et définitive est rare.

Depuis ma première bouffée délirante en 1985, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie (pas le choix). 

20/05/2011

Schizophrénie: "Dopamine & Etrangeté"



Le circuit de la récompense :
Toujours dans le but de comprendre la schizophrénie qui m'a touché à l'age de 21 ans et le processus du dérèglement dopaminique lié à cette pathologie.