28/12/2018

Déprime automnale et collapsologie

La fin de 2018 a été difficile : Comme souvent un état dépressif lié à la réduction de la lumière diurne me plombait dans une sorte d’apathie.
J'ai bien une lampe de luminothérapie mais je ne l'ai utilisée que sur le tard.
J'ai passé beaucoup de temps à ruminer et à me sentir impuissant en découvrant la collapsologie.



A Noël, nous avons passé une semaine à Saint-Jean-De-Maurienne chez maman. L'ambiance était apaisée et ce retour en Savoie m'a fait du bien. Malheureusement, sur le plan pondéral, j'ai pris quelques kilos avec la bonne nourriture de fête.

Au solstice, la motivation est doucement revenue.

12/09/2018

La Différence est une Force !


Ne pas considérer le trouble psychique
comme une tare, une carence ou un atavisme mais comme une façon différente de penser ce monde. — φhase III (@phase3) 12 septembre 2018


22/08/2018

Cigarettes et cachetons

" Il a été constaté que les patients schizophrènes avaient fréquemment recours au tabagisme comme automédication pour compenser les déficits dus à leur maladie ou pour les soulager des lourds effets secondaires de leur traitement (léthargie, perte de motivation,…). Le cortex préfrontal (région associée à la cognition : la prise de décision et la mémoire de travail) est une des zones altérées chez les patients présentant des troubles psychiatriques comme la schizophrénie, qui peuvent s’accompagner d’un tabagisme intensif. Dans une situation non pathologique, l’activité du cortex préfrontal est modulée par des neurotransmetteurs (l’acétylcholine) via les récepteurs nicotiniques situés à la surface des cellules nerveuses ".


J'ai un problème à régler avec mon Grand-Père, décédé en 1965, d'un cancer du poumon.  Il y a un vrai lien entre tabac et  schizophrénie: Quand j'ai été en crise (ou un tout petit peu avant), j'ai toujours fait, une tentative de sevrage nicotinique mais quelques jours après, je me retrouvais au CHS entre 4 murs, hospitalisé. Après …  je reprenais la clope.

Je crois que ça marche dans les 2 sens: Si j'arrête de fumer, je retombe malade & quand je retombe malade, je suis au maximum de ma motivation pour arrêter de fumer. 

Je me pose aussi des questions en terme de fidélité à mon Grand-Père, Auguste GOIRAND, une interprétation néo chamanique, héréditaire et épigénétique de mon rapport à la cigarette. Je ne sais que peux de chose de lui mais mon premier souvenir dans la vie est celui assez vague, il est vrai, de ce Monsieur agonisant sur son lit de mort  J'avais alors 2 ans et demi.

Il y a là quelque chose qu'il me faut régler !

20/08/2018

Le schizophrène n'est pas sociable !

Quand ils sont hospitalisés, les gens se plaignent souvent que leurs amis les laissent tomber.
C’est vrai que j’ai ressenti ce genre d’abandons lorsque j’étais seul entre les 4 murs d’une chambre d’hôpital psychiatrique. Solitude, aussi, et souvent pire, quand il me fallait ré-affronter la vie sans pratiquement aucun soutien. Solitude dans la tête surtout et ce sentiment abominable de ne plus avoir personne à qui parler, ni par qui être compris.

J'ai quand même eu la chance d’avoir quelques copains fidèles qui ne m’ont jamais laissé tomber, même si plein de cachetons, il faut bien le dire, je n’étais pas d’une compagnie très hilarante. Quand la plupart avait déserté le navire, ceux-là m’ont soutenu dans l’épreuve ne cherchant pas à comprendre pourquoi j’avais été hospitalisé. Ils ont continué à être mes potes, tout simplement, me parlant comme si de rien n’était. Et de cela, je les en remercie.


Les autres comme ils cherchaient à m’analyser, voire à me juger, se sont vus renvoyer une image tellement inquiétante et incompréhensible de ce qu'il se passait dans ma tête qu’ils sont partis à jambes déployées. 
Bon débarras !
Cependant, je ne leur en veux pas.

15/08/2018

Optimisme & fluidité de la pensée


Longtemps, j'ai (on a) considéré mon cerveau comme une machine déréglée (par les neuroleptiques) mais je sais aujourd'hui qu'en matière de fonctionnement du cortex rien n'est irrémédiable !

Plusieurs thérapies cognitives et comportementales et, depuis 2015, la fréquentation du Neurocercle de Grenoble, m'ont apporté la confirmation que les connexions cérébrales sont évolutives et modifiables.

La schizophrénie serait due à une dérégulation des flux dopaminergiques et hormonaux, je suis, depuis longtemps, en upgrad permanent, à essayer de tripoter les réglages dans tous les sens dans le but de m'améliorer et de sortir de la maladie.

Les facteurs sur lesquels j'ai travaillés sont:
  1.  la posologie des neuroleptiques, 
  2.  mes interactions cognitives,
  3.  mon développement personnel.
Jour après jour, je les optimise pour trouver la position des curseurs la plus confortable pour ma vie quotidienne. En appliquant quelques principes hygiénistes et libérateurs vis à vis de la rumination, je vise à une certaine fluidité de la pensée et surtout à un optimisme qui, il faut bien le dire, ne sont pas mes qualités premières.

09/08/2018

Schizophrénie : une maladie qui ne va pas de soi.

Je regarde et j'écoute beaucoup d’émissions sur la schizophrénie (trop peut-être !). En voici une qui apporte des éclaircissements nouveaux sur la pathologie, notamment sur la désorganisation cognitive et l'intemporalité typiques à la maladie.

05/03/2018

Le grand SECRET

J'ai passé plus ou moins 36 ans de ma vie à prendre des tonnes de neuroleptiques, des régulateurs de l'humeur ou des anxiolytiques, dont 30 à travailler dans le domaine de l'énergie nucléaire et ce sans aucune reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH). 

Une question se pose donc : 

         " Comment un schizophrène aurait-il pu être lié et intégré au secret défense ? "

Travailler dans les centrales nucléaires est une expérience unique. Dans les CPN, la vie d’un homme n’a pas beaucoup de valeur si on la compare au prix de l’énergie. Le monstre de béton et de ferraille réduit, ici, le travailleur à une fonction de « chair à neutrons »  Aujourd'hui, il ne lui est plus demandé de bien faire son boulot mais de le faire vite. La production est prioritaire. Ne pas le comprendre peut amener à faire n’importe quoi, et le comprendre amène au burn-out. Quand il s’agit de faire fonctionner la machine, cela n’a aucune importance.


D'abord responsable d'interventions pour la société Merlin-Gerin (devenue plus tard Schneider-Electric puis Rolls-Royce Civil Nuclear), j'ai vécu trois années à un rythme effréné dans le milieu anxiogène, grandiose et hostile des réacteurs. Même si c’est illégal, je n’ai pas eu un jour de repos pendant cette période. Parcourant la France dans tous les sens avec ma petite voiture (une Renault 5 diesel), j’intervenais rapidement et le plus efficacement possible avec ou sans mes gars, larbins sous-traitants d'EDF que nous étions, cumulant les kilomètres, mais heureusement pour moi et contrairement à beaucoup d'autres, pas les doses de radiations. 

Je garde quand même un souvenir ému de cette période qui a pourtant failli s'achever de manière tragique : C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux, où j'intervenais sur les onduleurs, juste avant la Saint Sylvestre et le passage en 1990. Je me rappelle de cet épisode de ma vie comme si c'était hier. De l'arrestation, ce matin de brouillard par les policiers qu'avait mandatés le préfet du Loiret, des mensonges me concernant qu'avait extorqué ensuite les flics à ma copine de l'époque, Dominique, de la rudesse de la chambre d'isolement de l'hôpital psychiatrique de Fleury-Les-Aubrais, puis du transfert en ambulance au CHS de l'Isère. Quand, au bout de deux mois, l'hospitalisation sous contrainte fut levée, j'ai essayé de reprendre mon métier de responsable d'interventions dans les centrales nucléaires mais, à cause des médicaments, je n'y suis pas arrivé.

Les années suivantes,  j'ai été reclassé dans des taches de moindre importance comme la réparation des sous-ensembles électroniques, leur contrôle et leur  qualification. Mes collègues étaient sympas et nous étions assez solidaires face à notre malveillante et mesquine hiérarchie. 
Notre n+1 était lui un petit roquet pied-noir et teigneux. 
Il y a d'ailleurs eu plusieurs suicides dans le service. 

Ainsi, , de 1990 à 2007, répondant au doux surnom de " Malade mental ", j'ai dû subir encore plus que les autres, ce chef de service méchant et aigri. Aidé par les RH, il cherchait à tous prix à me pousser à la faute pour me faire licencier. Il m'humiliait également le plus possible.
Je le revois, par exemple, m'invectivant parce qu'il me fallait boire beaucoup d'eau à cause de mon traitement par sels de lithium. Il faut quand même dire que les locaux de notre annexe à Poisat n'était pas climatisés et que l'été nous y relevions souvent des températures supérieures à 35°C.
    
Mais j'ai tenu, sans statut de handicap, en cachant les choses ou en les racontant à ma sauce, j'ai résisté. Ma femme m'y a beaucoup aidé. 

Quand ce chef de service nabot, alcoolique et tortionnaire est enfin parti à la retraite, son remplaçant  m'a donné une chance en me nommant contrôleur technique. Cette fonction était intéressante car par ma maitrise des différents équipements électroniques, parfois complexes et de leurs fonctions dans les réacteurs nucléaires, je prenais un rôle important en ce qui concernait la sureté et la pérennité de l'instrumentation de contrôle et de commandes des installations nucléaire  françaises et de quelques unes à l'export. 
Je sortais à nouveau de l'ombre mais pas non plus vraiment prêt à faire  des concessions vis à vis des failles du système, ni a être le simple "cocheur de cases" nécessaire pour la validations d'un travail parfois douteux ou carrément non effectué. Même de mieux en mieux payé, je n'étais pas prêt à être au service du lobby nucléaire et de ses magouilles. Je refusais le rôle d'éventuel fusible que ma hiérarchie tentait peu à peu de me faire tenir quand je devait signer des suivis d'opérations pratiquement les yeux fermés. Pas question dans mon éthique personnelle d'être un signataire bidon de plus sur un plan qualité de complaisance. D'être un pantin sans foi ni loi comme le sont beaucoup d'arrivistes de cette filière.

Alors sont venus les interrogations et les scrupules - un autre conflit de loyauté - vis à vis de moi-même d'abord, de mon métier et des générations futures ensuite. 

En 2014, il y avait longtemps que je ne trouvais plus de motivation pour aller travailler. Matin après matin, c'était de pire en pire. Les dernières années,  il était devenu tellement monotone, qu' aller au travail était devenu extrêmement douloureux.
Tout cela déboucha en 2014 sur un ultime burn-out. Je me fis même hospitaliser quelques jours en février 2017 pour trouver un peu de répit.
Comme il me savait maintenant incapable de reprendre mon travail, mon toujours psychiatre le Docteur Philippe Séchier, me proposa un statut d'invalidité. la pension représentait la moitié de mon salaire et elle était complétée par la rente d'une assurance gros risque qu'avait contracté ma boite deux mois au auparavant, 
Sans avoir les soucis de ce travail dans le nucléaire, une nouvelle vie pouvait commencer pour moi. 

26/01/2018

RUMINATION

Ces sortes de pensées circulaires, répétitives, stériles, irrépressibles et anxieuses portant sur la même préoccupation.sont épuisantes et sont communes à beaucoup de pathologies.
Pour savoir si l'on est dans la réflexion ou dans la rumination, il convient de se poser les 3 questions suivantes :
  1. - Est-ce que cela va mieux depuis que je pense à ce sujet ?
  2. - Est-ce que le fait d'y penser me rapproche d'une solutions ?
  3. - Est-ce que j'y vois plus clair ?

Pour couper avec la rumination, le mieux (pour moi) est d'aller faire un tour en ville ou de pratiquer une activité dans le Flow d'ordre physique, sociale ou artistique.
En sortir par un simple effort intellectuel est pratiquement impossible. Certains préconisent cependant d'écrire, penser ou dire la phrase : " J'attends la prochaine pensée " mais je ne trouve pas cela tellement efficace.

22/01/2018

Gros sac plein de dopamine et de graisse !

Il y a beaucoup de théories sur la schizophrénie. J'en cherche chez moi les causes depuis des années. 
C'est peut-être un peu idiot car souvent mes recherches me projettent dans un passé extrêmement douloureux. Il y a eu le dénie de la maladie, le sentiment d'injustice et surtout beaucoup de tristesse quand je m'imagine vivant sans cette pathologie.

 Aujourd'hui, il me semble pratiquement impossible de me passer (sur le long terme) des neuroleptiques.


L'épisode de février 2017 me montre que (même accompagné) il est très risqué pour moi de les arrêter.  Me voilà condamné à en prendre toute ma vie.

A la manière de Gérard Garouste, cela me serait bien égal. Ce serait même un bien si je ne grossissais pas comme c'est actuellement le cas. J'ai repris 15 kilos en moins d'un an ... Et ça , c'est difficile !