« Là où il faudrait de la gentillesse, de la bienveillance, de l'écoute et de la douceur, on installe des matons, des caméras de surveillance, des grillages et de la contention ». Pierre-Louis Goirand
Comme j'ai été étiqueté schizophrène à l'age de 21 ans, pour justifier mon existence, je suis un peu obligé d'être prosélyte.
En décembre 2021, j'étais intervenu (à <>15 minutes du début) dans l'émission de France-Inter :
Le Dr Raphaël Gaillard ne semblait pas vraiment avoir compris ma question. Elle était de savoir si les "fous" n'avaient pas un cerveau qui parait dysfonctionner, mais qui parfois, en fait, pouvait être une près-série de l'évolution du cortex. Le trouble mental au sens où l'entend la psychiatrie (comme l'Entente de voix ou les visions*) serait alors une sorte d' "essuyage de plâtre de l'évolution du cerveau" ?
(* Je n'emploie pas les mots d'hallucinations auditives ou visuelles).
Si la folie est une coupure de la relation avec les autres, elle est aussi
une rupture du rythme, une perte de structure. Un état stable implique une
certaine routine. Quand cette stabilité devient une mélancolique monotonie, il
en relève de la stase et de l'engourdissement psychique. La conscience alors
lassée cherchera une issue. La folie peut être perçue comme une déconnexion des
attentes sociales, des routines et des rythmes habituels qui nous invite à
reconsidérer la santé mentale dans un cadre plus holistique, intégrant la
relation, le rythme et l'expérience vécue.
La santé mentale est intimement liée aux rythmes biologiques. Ses
troubles sont, la plupart du temps, associés à des perturbations dans le sommeil,
l'appétit et l’énergie, affectant ainsi la façon dont une personne s'engage
dans la vie quotidienne. Une personne dépressive, par exemple, peut se
retrouver dans un cycle d'insomnie ou d'hypersomnie, qui la conduit à un
décalage par rapport aux rythmes classiques de la vie sociale et
professionnelle.
Les routines et les rituels structurent souvent nos expériences
quotidiennes et nous aident à naviguer dans le monde. Ils fournissent un cadre
prévisible qui nous stabilise. Chez une personne folle, ces rituels peuvent
être perturbés. Un individu peut sentir qu'il ne peut plus suivre les normes de
comportement attendues, ce qui entraîne un stress supplémentaire et une perte
de contrôle sur sa vie.
La folie transforme également la manière dont un individu perçoit le monde.
Cela peut aller de la dissociation, où l'individu se sent détaché de sa propre
expérience, à la manie, où la perception est trop intense. Ces états altèrent
la relation d'un individu avec ses pensées, ses émotions et son environnement,
perturbant encore plus ses rythmes de vie.
Il est intéressant de noter que certains penseurs et artistes ont exploré
cette rupture du rythme comme une forme de créativité radicale. Des
figures comme Van Gogh ou Virginia Woolf ont considéré des émotions intenses et
des expériences de folie comme sources d'inspiration. Cela soulève la question
de savoir si, dans certains cas, cette rupture peut aussi mener à une forme de réinvention de soi ou de travail
artistique.
La folie, en tant que
coupure de la relation avec l'autre et rupture du rythme, ouvre un champ
d'exploration riche et complexe. Elle nous pousse à réfléchir à la nature des
relations humaines, à l'impact des normes sociales et à la manière dont les
individus peuvent trouver leur place dans un monde souvent
dysfonctionnel.
Entre l'angoisse d'un futur qui se révèlera, de toute façon, différent de ce que nous projetons et la souffrance d'un passé parfois pas si douloureux, le présent est-il un état de stabilité établi ou une porte ouverte au mouvement de la vie ?
Ce temps arrêté, ces moments où rien ne semble se passer, où tout semble suspendu est le moment du bardo psychiatrique d'Artaud. Il est celui où les psychiatres aiment nous voir. Ils craignent que nous franchissions le portail. Quand nous en passons le seuil, avec leurs drogues, ils nous ramènent à l'endroit que la société (l'environnement) détermine comme sécure pour elle.
Les violences en psychiatrie peuvent prendre plusieurs formes et sont un sujet de préoccupation majeur dans le domaine de la santé mentale. Voici quelques points importants à considérer :
1. Types de Violences :
- Violence Institutionnelle : Cela inclut les abus de pouvoir au sein des établissements de santé mentale, où les patients peuvent être soumis à des traitements coercitifs, tels que l'immobilisation ou des médicaments administrés contre leur volonté.
- Violence Sexuelle : Cela concerne les abus sexuels commis par des professionnels de santé, y compris des psychiatres, sur des patients vulnérables. Les patients dans les établissements psychiatriques peuvent être particulièrement exposés à ce risque en raison de leur état de vulnérabilité.
- Violence entre Patients : Dans certains cas, il peut y avoir des violences physiques ou psychologiques entre patients à l'intérieur des établissements.
2. Facteurs Contributifs :
- Vulnérabilité des Patients : Les personnes en souffrance mentale sont souvent considérées comme plus vulnérables et moins susceptibles de se défendre ou de faire entendre leur voix.
- Manque de Formation : Certains professionnels manquent de formation adéquate concernant le respect des droits des patients, ce qui peut conduire à des abus.
- Stigmatisation : La stigmatisation associée à la maladie mentale peut conduire à des attitudes dévalorisantes de la part du personnel envers les patients.
3. Conséquences :
- Traumatismes Psychologiques : Les abus peuvent avoir des répercussions graves sur la santé mentale des victimes, aggravant leur état ou entraînant des troubles supplémentaires.
- Perte de Confiance : Les abus peuvent mener à une méfiance envers le système de santé mentale et à une réticence à rechercher de l'aide à l'avenir.
4. Mesures de Protection :
- Protocoles de Signalement : Des mécanismes doivent être en place pour permettre aux victimes de signaler les abus en toute sécurité.
- Formation du Personnel : La formation sur les droits des patients et les bonnes pratiques soignantes est essentielle pour prévenir les abus.
- Surveillance Externe : Des organismes de surveillance indépendants peuvent aider à garantir que les droits des patients sont respectés.
5. Lutte Contre la Stigmatisation :
Sensibiliser le public et les professionnels à la santé mentale et aux droits des patients est essentiel pour créer un environnement dans lequel les abus sont moins probables et où les patients se sentent en sécurité pour exprimer leurs préoccupations.
Conclusion :
Les violences en psychiatrie sont une triste réalité, mais il existe des mesures qui peuvent être mises en place pour protéger les patients et promouvoir un traitement éthique et respectueux. L'éducation, la sensibilisation et des politiques de protection rigoureuses sont essentielles pour prévenir ces abus et garantir la santé et le bien-être des personnes en souffrance mentale.
Combien de persona* pour découvrir notre Dieu intérieur ? Combien de rôles à jouer ? Adhésion puis répulsion : Comment se débrouiller avec ça pour être enfin soi-même ?
*personavient du latin (du verbe personare, per-sonare :parler à travers) où il désignait lemasqueque portaient lesacteurs de théâtre. Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l'acteur l'apparence du personnage qu'il interprétait, mais aussi de permettre à savoixde porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs.
Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s'identifier à la persona, conduisant l'individu à se prendre pour celui qu'il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement. Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l'identité réelle de l'individu.
Une psychiatrie blanche : Vous y allez parce que vous ne vous sentez pas bien (Admission volontaire).
Une psychiatrie noire : Vous y allez parce qu'on ne vous sent pas bien ou parce qu'on ne peut plus vous sentir. (Hospitalisation à la demande d'un tiers - Hospitalisation d'office).
Parfois, quand je raconte ce que j'ai vu et vécu en psychiatrie, on me traite d'affabulateur, de gros mytho ou, bien-sûr, de vieux fou.
Non, vous n'êtes pas obligés de me croire mais si les parents savaient ce qu'il s'y passe, jamais ils ne mettraient leurs gosses dans ces endroits de non droit, ces endroits de terreurs et de souffrance que sont les hôpitaux psychiatriques.
Toutes les personnes ayant connu l'HP et la prison que j'ai pues rencontrer sont unanimes : Toutes, absolument toutes, préfèrent un séjour en prison plutôt qu'en HP.
Diagnostiqué schizophrène en 1985, j'ai passé ma vie à prendre des tonnes de neuroleptiques, des régulateurs de l'humeur et d'anxiolytiques pourtant parallèlement je trouvais aussi un CDI dans le nucléaire civil.
Comment un soi-disant schizophrène a-t-il pu intégrer le secret défense français pendant 30 ans ?
D'abord responsable d'interventions pendant 3 ans pour la société Merlin-Gerin (devenue plus tard Schneider-Electric puis Rolls-Royce Civil Nuclear), j'ai vécu, de 1988 à 1990, à un rythme effréné dans le milieu anxiogène, grandiose et hostile des réacteurs. Même si c’est illégal, je n’ai pas eu un jour de repos pendant cette période. Parcourant la France dans tous les sens avec ma petite voiture (une Renault 5 diesel), j’intervenais rapidement et le plus efficacement possible avec ou sans mes gars, larbins sous-traitants d'EDF que nous étions, cumulant les kilomètres, mais heureusement pour moi et contrairement à beaucoup d'autres, pas les doses de radiations.
" Travailler dans les centrales nucléaires est une expérience unique. Dans les CPN, la vie d’un homme n’a pas beaucoup de valeur si on la compare au prix de l’énergie. Le monstre de béton et de ferraille réduit, ici, le travailleur à une fonction de « chair à neutrons » Aujourd'hui, il ne lui est plus demandé de bien faire son boulot mais de le faire vite. La production est prioritaire. Ne pas le comprendre peut amener à faire n’importe quoi, et le comprendre amène au burn-out. Quand il s’agit de faire fonctionner la machine, cela n’a aucune importance ".
Je garde quand même un souvenir ému de cette période qui a pourtant failli s'achever de manière tragique : C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux, où j'intervenais sur les onduleurs, juste avant la Saint Sylvestre et le passage en 1990. Je me rappelle de cet épisode de ma vie comme si c'était hier.
De notre première dispute de couple avec Dominique à l'hôtel et de l'engueulade matinale avec l''hôtelier, de mon passage express à la centrale, de la révélation de l'"omerta atomique" , de ma mise en placement d'office ensuite. Ce même matin de brouillard où les policiers qu'avait mandatés le préfet du Loiret m'ont arrêté, des mensonges me concernant qu'avait extorqué les mêmes flics ensuite à ma copine, de la rudesse de la chambre d'isolement de l'hôpital de Fleury-Les-Aubrais ensuite, puis du transfert en ambulance deux semaines plus tard au CHS de l'Isère.
Quand, au bout de deux mois, l'hospitalisation sous contrainte fut levée, j'ai essayé de reprendre mon métier de responsable d'interventions dans les centrales nucléaires mais, à cause des médicaments, je n'y suis pas arrivé.
Les années suivantes, j'ai été reclassé dans des taches de moindre importance comme la réparation des sous-ensembles électroniques, leur contrôle et leur qualification. Mes collègues étaient sympas et nous étions assez solidaires face à notre malveillante et mesquine hiérarchie.
Notre chef de service, était lui un petit roquet teigneux et de 1990 à 2007, répondant au doux surnom de "Malade mental ", j'ai dû le subir encore plus que les autres.
Aidé par les RH, il cherchait à tous prix à me pousser à la faute pour me faire licencier. Il m'humiliait également le plus possible.
Je le revois, par exemple, m'invectivant parce qu'il me fallait boire beaucoup d'eau à cause de mon traitement par sels de lithium. Il faut quand même dire que les locaux de notre annexe à Poisat n'était pas climatisés et que l'été nous y relevions souvent des températures supérieures à 35°C.
Mais j'ai tenu. J'ai tenu pendant plus 30 ans sans le statut de handicapé qui de toute façon ne correspondait pas à l'image de base que j'ai de moi-même En cachant les choses ou en les racontant à ma sauce, j'ai résisté.
Ma femme, Judith, m'y a alors beaucoup aidé.
Quand ce chef de service nabot, alcoolique et tortionnaire est enfin parti à la retraite, son remplaçant m'a donné une chance en me nommant contrôleur technique. Cette fonction était intéressante car par ma maitrise des différents équipements électroniques, parfois complexes et de leurs fonctions dans les réacteurs nucléaires, je prenais un rôle important en ce qui concerne la sureté et la pérennité de l'instrumentation de contrôle et de commandes des installations nucléaires françaises et de quelques unes à l'export.
Je sortais à nouveau de l'ombre mais pas non plus vraiment prêt à faire des concessions vis à vis des failles du système ou a être le simple "cocheur de cases" nécessaire pour la validations d'un travail parfois douteux ou carrément non effectué. Même de mieux en mieux payé, je n'étais pas prêt à être au service du lobby nucléaire et de ses magouilles. Je refusais le rôle d'éventuel fusible que ma hiérarchie tentait peu à peu de me faire tenir quand je devait signer des suivis d'opérations pratiquement les yeux fermés. Pas question dans mon éthique personnelle d'être un signataire bidon de plus sur un plan qualité de complaisance. D'être un pantin sans foi ni loi comme le sont beaucoup d'arrivistes de cette filière.
Alors sont venus les interrogations et les scrupules - un autre conflit de loyauté - vis à vis de moi-même d'abord, de mon métier et des générations futures ensuite.
En 2014, il y avait longtemps que je ne trouvais plus de motivation pour aller travailler.
Matin après matin, c'était de pire en pire. Les dernières années, c'était devenu si monotone, qu' aller au travail était devenu extrêmement douloureux. La fonction de contrôleur technique n'étant plus respectée et devenue une sorte de rôle qu'il me fallait jouer mais en n'étant pas trop regardant sur ce que l'on renvoie au client. Comme " saloper " le travail a toujours été impossible pour moi, tout cela déboucha sur un terrible burn-out qui me valu dans un premier temps pratiquement deux ans et demi d'arrêt maladie et qui se termina par une courte hospitalisassions en février 2017, à ma demande, histoire de trouver un peu de répit loin de la famille. Ce séjour en psychiatrie fut pourtant l'une de mes pires hospitalisation A la fin, mon toujours psychiatre le Docteur Philippe Séchier, me proposa un statut d'invalidité. La pension représentant la moitié de mon salaire complété par la rente d'une assurance gros risque.
Laissant de coté ma carrière dans le nucléaire civil, je me disais qu'une nouvelle vie pourrait commencer pour moi et quelle me laisserait le temps de faire ce que j'aime par dessus tout, l'Art.
Le travail de développement personnel entamé officiellement depuis 2011 mais datant en fait de ma première hospitalisation en 1985, puis, plus récemment, grâce à la métanalyse méditative et d'autres techniques que je ne souhaite pas, à nouveau, expliquer ici, je synthétise mes différentes expériences de conscience modifiée. La compréhension progressives des phénomènes psychiques et spirituels dont j'ai fait l'expérience (psychiatrisation, Réseau sur l'Entente de Voix (REV²), Expérience de Mort Imminente, échanges avec les bouddhistes du Sutra du Lotus ...) m'ont ouvert la vision d'un chemins qui mènent vers l'authenticité du regard sur les choses : La voie de la joie intérieure et de l'Eveil.
" Les états de transe sont pratiqués depuis des millénaires dans la plupart des cultures humaines, fournissant des conseils et des guérisons aux communautés. Habituellement, un individu particulier du groupe (un «chamane») utilise cet outil pour le bénéfice des autres. De nos jours, les neurosciences redécouvrent ces états en tant que capacités fondamentales de chaque cerveau humain et outils potentiellement utiles pour la conscience de soi, l'amplification cognitive et la transformation personnelle. " - from trancescience.org
Aujourd'hui, celle-là même qui m'avait diagnostiqué schizophrène à l'âge de 21 ans, m'expliquent que j'ai guéri de cette maladie à la cinquantaine. D'autres évoquent une erreur de diagnostic. Mon interprétation est plutôt celle qui penche pour un voyage entre les différentes strates de la réalité des champs de consciences. Ce voyage au travers des multivers, j'ai maintenant pratiquement appris à le maitriser grâce à quelque chose qui ressemble fort aux transes cognitives auto-induites que décrit ici Corine Sombrun.
Je travaille actuellement sur une méthodologie plus universelle qui permettrait de convoquer à coup sûr ces états de transes pour y initier ceux qui les souhaiteraient mais qui n'ont pas forcement vécu ces presque 40 ans de questionnement sur mes fonctions cérébrales et ainsi, en un hacking sociétal majestueux, leur permettre d'éviter les horribles tourments de l'hôpital psychiatrique.
" Maladie mentale " ou " handicap invisible" sont le coté immergé et stupide d'une énorme arnaque qui a permis au fil des années à la psychiatrie et à sa bonne copine, Big Pharma, de renforcer leurs pouvoirs. Comme elles mettent les rebêles, les perturbateurs et les gens trop sensibles, à l'index du monde, elles ont la faveur de nos maitres ultralibéraux.
Le délitement et bientôt l'effondrement du système médical français, auraient pu être une chance pour nous (ceux qu'ils appellent " les fous ") de voir notre peine réduite et la fermeture des hôpitaux psychiatriques, mais, malheureusement,, pour le moment, il se passe exactement le contraire : Au lieu de s'adoucir, les institutions nous maltraitent de plus en plus en durcissant nos conditions de privation de liberté.
Là où il faudrait de la gentillesse, de la bienveillance, de l'écoute et de la douceur, on installe des matons, des caméras de surveillance, des grillages et de la contention.
Les facteurs qui influencent le plus les processus de vieillissement dans un environnement radioactif sont l’irradiation nucléaire, les contraintes thermiques ou mécaniques, les processus corrosifs, abrasifs et érosifs, ainsi que les combinaisons et les interactions des processus. Les premiers effets des processus de vieillissement sont difficiles à déceler, car ils touchent habituellement le niveau microscopique de la structure moléculaire.
Les neuroleptiques sont des traitements aux effets primaires et secondaires lourds. Ils handicapent fortement les personnes qui en prennent tant au niveau psychique que somatique, cela sans aucune promesse de guérison de la psychose puisque le traitement est purement symptomatique. Les neuroleptiques favorise la prise de poids. et détériore l’image de soi pouvant entraîner ou aggraver les symptômes négatifs tels que la dépression. Les personnes qui prennent des neuroleptiques subissent un retrait social plus prononcé que ceux qui n'en prennent pas ou plus.
En 1985, à l'âge de 21 ans, j'ai été trop rapidement diagnostiqué schizophrène. Après quelques années et après avoir fui les institutions psychiatriques, j'ai réussi à me faire embaucher dans le nucléaire civil.
Malheureusement, un diagnostic psychiatrique est une sorte de gros tatouage indélébile, un marquage au fer rouge et, fin 1989, le monde s'est à nouveau effondré sous mes pieds à cause d'un enchainement de situations difficiles à gérer.
J'ai ensuite rencontré l'alors jeune Docteur Philippe Séchier au CHS de la Savoie en 1991 et nous avons navigué ensemble pendant 30 ans.
Je sais que plus d'une fois, il s'est questionné à mon sujet, oscillant entre un diagnostic de schizophrénie et celui de bipolarité. Il a assuré mon suivi avec une grande gentillesse, mais, comme il est grand spécialiste du médicament, il m'a maintenu dans ce qu'il pensait être une schizophrénie dysthymique pendant 30 ans.
Ainsi, j'ai longtemps fait mienne cette pathologie terrible et tout ce qu'elle implique de négatif et de désespérant.
En 2019, quand il est parti à la retraite, j'ai été suivi par le Docteur Amandine Basson. Elle m'a beaucoup écouté, écrit parfois, me qualifiant de " Personnage haut en couleurs ".
Un soir qu'elle faisait son jogging dans la montagne, elle eut une illumination : " Borderline ! ". Quand elle m'a raconté ça à la consultation qui a suivi, mon avenir s'est éclaircie et mon âme s'est rallumée.
Amandine Basson est une psychiatre géniale, mais il ne faut pas trop lui dire parce que ses chevilles vont gonfler et après elle ne pourra plus courir dans la montagne.
Le tri entre les fous et les autres est en passe de devenir plus violent qu'il ne l'a jamais été, et ce, dans le rejet, l’ignorance, le mépris et la haine. L'idée tendance est de reléguer la folie hors de l’humanité alors que l’humanisation des relations interpersonnelles est le remède.
L’Humanité d'une civilisation est sa faculté à accueillir la folie.
Cela se construit patiemment, avec de la curiosité, de l’imagination et un pragmatisme qui à terme nous fera admettre que le fou est notre semblable.
" L’homme en noir est assis. L’homme en noir est assis au bord du vide.
« Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient ».Antonin ARTAUD " Van Gogh, le suicidé de la société " - 1947
Antonin. ARTAUD par David SOUDAN
Dans la vie en société, celle que l'on appelle parfois « la vraie vie », mais où le lien social, n'existe pratiquement plus que dans la violence, les contraintes deviennent de plus en plus fortes. Dans les institutions, c'est bien pire:. Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance que peu arriveront à supporter un séjour en psychiatrie.
Le diktat et les pouvoirs de certains psychiatre sont tellement illégitimes qu'ils ne peuvent être qu'abusifs.
Ne pas adhérer à cette société, c'est prendre le risque d'en être mis à l'index
Dans " Van Gogh, le suicidé de la société " Antonin Artaud écrivait : " Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient. "
On sait maintenant qu'il existe une certaine similitude entre la société et les éléments qui la composent, les individus. J'exhorte donc les fous, non pas à sortir de leur folie, mais à la revendiquer plus que de la subir et à ne plus se complaire dans une prise en charge institutionnelle parfois bien confortable.
Force de propositions atypiques, notre "folie" peut, peut-être, offrir une issue de secours et ainsi changer le monde en lui donnant une ultime et dernière chance. Encore faut-il la revendiquer de manière intense et vindicative sans tomber dans le piège de la mise sous contrainte.
C'est cette vidéo du Professeur Christophe Lançon qui a initié ma récente réflexion sur le tabac et mon encore plus récent arrêt de la cigarette :
Déjà ne fumer que 50 cigarettes en 18 jours ,du 2 au 20 novembre, était un exploit ! Je fumais 35 à 40 cigarettes par jour le 1er novembre.
Depuis cette date je n'ai fumé que 6 cigarettes depuis. 5 que j'ai taxées à des amis et un petit cigario, le soir de Noël.
A l'avenir, je ne m'interdirai pas une clope de temps en temps, même si la dernière que j'ai fumée hier avec mon pote guitariste Pédro m'a fait mal à la tête.
En gros, pour toute chose je ne m'interdit plus rien ou plutôt je ne me mets plus la barrière du " Jamais plus jamais ! " mais ce n'est pas parce qu'une chose est envisageable qu'elle arrive.
L'expérience psychotique est une entrée en spiritualité trop rapide, mais elle ouvre les portes de l'âme par dissolution de l'égo. Ce sont les antipsychotiques qui les referment définitivement derrière nous, laissant le patient bien démuni (perché) et incapable de revenir dans un état de conscience vivable. Un fou est peut-être un chamane qui n'a pas été bien guidé lors de son initiation.
Nous sommes le grain de sable dans l'engrenage, le poison dans la machine.
Parce que notre Humanité court à sa perte, seule l'utopie d'un cygne noir pourra la sauver. Inventons un futur désirable en convoquant l'atypicité puisque nous en avons déjà eu la vision.