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31/08/2025

2023 et 2025 - Dépression

Parce que Judith et les enfants ont quitté notre logement depuis 3 ans, les dernières années ont été des temps de questionnements, de retours en arrière et de dépression. Peu d'activités artistiques et beaucoup de ruminations, de nostalgie. Je n'arrive pas à me projeter vers le futur, j'ai l'impression d'être arrivé au bout de ma vie.
Je vis dans la nostalgie d'une époque révolue.


Dans certains récits, le mari partait avec la bonne. Dans mon cas, c'est la bonne qui est partie avec ma femme.

Comme rien ne se passe de bien folichon, je survis sans beaucoup d'énergie.

02/07/2025

2025 - Refaire ma vie ?

 Depuis que les enfants et Judith ont quitté la maison, j'essaie de "refaire ma vie". 
Je rencontre quelques nanas avec qui je tente d'établir une relation amoureuse, mais j'ai toujours en tête nos 35 ans de vie commune et je n'arrive pas à en sortir. 

Je suis tellement critique et exigeant que je n'arrive pas à m'engager avec qui que ce soit. 


21/05/2024

2024 - Il s'accharne

Depuis ma sortie du CHS de Saint-Égrève, le 19 octobre 2023, je suis suivi par le Dr Pontarollo. 
Habitué à travailler avec des prisonniers, celui-ci me maintient sous injection d'Abilify à 300mg/28 jours. Il reste complètement hermétique à mes demandes de baisser de traitement. Pourtant je sais que, comme déterminé avec les Dr Séchier et Basson, 4 ou 5 mg/jour me conviennent parfaitement. 

Comme il ne veut rien entendre, je consulte, en mai 2024, le Dr Olliverin que j'avais déjà rencontré en 2018. Je passe à 5 mg/jour d'Aripiprazole

22/09/2023

Septembre 2023 - Nouvelle hospitalisation

Le vendredi 22 septembre 2023, sûrement à cause d'une consommation excessive de cannabis et la diminution trop rapide de mon médicament (Abilify), je me retrouve dans une nouvelle phase délirante. 

Je ne sais pas par quel miracle ma femme et mon fils me retrouvent en train d'errer dans les rues de Grenoble. 

Ils m'amènent ensuite aux urgences générales du CHU Grenoble-Michalon.

Mon séjour y fut horrible. 

Parce que la médecine française est très esquintée, je n'ai pas été pris en charge correctement ; j'ai traîné dans le service des urgences en pyjama, sans chaussures, piétinant dans le sang et parfois l'urine des autres patients, dormant sur un brancard au milieu des plaintes et des gémissements des personnes en détresse pendant 13 jours. J'ai aussi dû me débrouiller pour laver mon seul caleçon et mes chaussettes vite sales, car je n'ai pas de chaussures pour aller dehors fumer les cigarettes que je tapais à d'autres patients ou à leurs accompagnants.  
Par chance les journées étaient belles et je pouvais faire sécher ces maigres effets au soleil. 
Avoir un rasoir était compliqué et il n'y avait que 2 WC pour la centaine de personnes en attente de transfert dans d'autres services. 
Les repas n'étaient que des clubs sandwichs (Thon, Poulet ou Jambon qui, au bout d'un moment, avaient tous le même goût).  

Finalement, mon état psychique n'étant pourtant pas si mauvais que cela. (J'ai bien eu le temps de redescendre), les soignants des urgences générales (peu rompus à la psychiatrie) ont décidé d'un placement sous contrainte au CHAI (Centre Hospitalier Alpes Isère) de Saint-Égrève. Je suis donc resté en déshérence aux urgences adultes pendant presque 13 jours avant d'accéder au service APEX du CHAI qui m'a libéré 15 jours plus tard.

Je ne serai transféré que le 4 octobre (donc 13 jours plus tard) au CHAI dans le service APEX qui pratique le tri entre les différentes pathologies psychiatriques. 

Là, tout sera bien différent : nous ne sommes qu'une petite vingtaine de patients et l'équipe est très dévouée et avenante. 

Je sortirai de l'hôpital psychiatrique le 19 octobre après quelques permissions tests. Mais je dois quand même avoir une injection d'Abilify maintena 300 mg tous les 28 jours.
Tout ça parce que les urgences m'ont maintenu deux semaines dans leurs murs. 

23/03/2023

Mars 2023 - Révélations ???

À 60 ans, maintenant, je crois savoir : j'ai peut-être vécu un truc bien dégueulasse quand j'avais trois ans et l'autre gars treize ou quatorze.


Depuis deux ans, suite à l'inhumation d'un cousin de Papa dans la concession familiale, indiciblement et très doucement revenaient quelques images de ma toute petite enfance, tous premiers souvenirs sensiblement exæquo avec celui de mon Grand-Père paternel sur son lit de mort. Le souvenir d'une mitraillette en bois magnifiquement imitée, de raies de lumière sur un dessus-de-lit, d'un plancher sombre, d'un pigeonnier. d'une maison à Claix dans la banlieue de Grenoble.
La première empreinte émotionnelle n'émergent que lorsque je me retrouvai à 4 pattes devant une prise électrique en train de hurler et que Maman et Papa arrivèrent dans la chambre de ce cousin de papa en demandant ce qu'il s'y passait, les explications bidons, mais convaincantes de mon tortionnaire. 

S'ils m'y ont surement préparé, ce ne sont pas ces 40 ans de psychiatrie et de (trop) forte médication, ni même la psychologie, qui m'ont aidé à résoudre ce dossier où tient, en quelque sorte, l'histoire de ma vie, mais une guérisseuse énergéticienne. 

Maintenant, je sais. Je sais comment j'ai remplacé ma douleur par de la colère, ma tristesse par, souvent, de la franche déconnade. Je comprends aujourd'hui mon 
côté punk et ma rébellion contre le système… contre tous les systèmes, rebelle esquinté que je suis. 

Je sais à présent aussi pourquoi, fin 1984, mes parents ne comprenaient pas mon hypersensibilité et mes réactions souvent excessives. Je leur pardonne leur incapacité à comprendre l'enfant terrible que je suis devenu à cause de cet épisode de ma vie.
Je les remercie aussi, comme je remercie la vie, de m'avoir fait connaître toutes ces aventures.


Je comprends également pourquoi, quand une ou un psychologue me faisait pratiquer l'exercice de l'enfant intérieur, je ne visualisais qu'un fétu mort ou un corps tout rabougri et meurtri.

L'enfant interieur (Acrylique et spray sur toile)



10/03/2023

Le grand SECRET

Diagnostiqué schizophrène en 1985, j'ai passé ma vie à prendre des tonnes de neuroleptiques, des régulateurs de l'humeur et d'anxiolytiques pourtant parallèlement je trouvais aussi un CDI dans le nucléaire civil. 

Comment un soi-disant schizophrène a-t-il pu intégrer le secret défense français pendant 30 ans ?


D'abord responsable d'interventions pendant 3 ans pour la société Merlin-Gerin (devenue plus tard Schneider-Electric puis Rolls-Royce Civil Nuclear), j'ai vécu, de 1988 à 1990, à un rythme effréné dans le milieu anxiogène, grandiose et hostile des réacteurs. Même si c’est illégal, je n’ai pas eu un jour de repos pendant cette période. Parcourant la France dans tous les sens avec ma petite voiture (une Renault 5 diesel), j’intervenais rapidement et le plus efficacement possible avec ou sans mes gars, larbins sous-traitants d'EDF que nous étions, cumulant les kilomètres, mais heureusement pour moi et contrairement à beaucoup d'autres, pas les doses de radiations. 


" Travailler dans les centrales nucléaires est une expérience unique. Dans les CPN, la vie d’un homme n’a pas beaucoup de valeur si on la compare au prix de l’énergie. Le monstre de béton et de ferraille réduit, ici, le travailleur à une fonction de « chair à neutrons » Aujourd'hui, il ne lui est plus demandé de bien faire son boulot mais de le faire vite. La production est prioritaire. Ne pas le comprendre peut amener à faire n’importe quoi, et le comprendre amène au burn-out. Quand il s’agit de faire fonctionner la machine, cela n’a aucune importance ".

Je garde quand même un souvenir ému de cette période qui a pourtant failli s'achever de manière tragique : C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux, où j'intervenais sur les onduleurs, juste avant la Saint Sylvestre et le passage en 1990. Je me rappelle de cet épisode de ma vie comme si c'était hier. 

De notre première dispute de couple avec Dominique à l'hôtel et de l'engueulade matinale avec l''hôtelier, de mon passage express à la centrale, de la révélation de l'"omerta atomique" , de ma mise en placement d'office ensuite. Ce même matin de brouillard où les policiers qu'avait mandatés le préfet du Loiret m'ont arrêté, des mensonges me concernant qu'avait extorqué les mêmes flics ensuite à ma copine, de la rudesse de la chambre d'isolement de l'hôpital de Fleury-Les-Aubrais ensuite, puis du transfert en ambulance deux semaines plus tard au CHS de l'Isère.

Quand, au bout de deux mois, l'hospitalisation sous contrainte fut levée, j'ai essayé de reprendre mon métier de responsable d'interventions dans les centrales nucléaires mais, à cause des médicaments, je n'y suis pas arrivé.

Les années suivantes,  j'ai été reclassé dans des taches de moindre importance comme la réparation des sous-ensembles électroniques, leur contrôle et leur  qualification. Mes collègues étaient sympas et nous étions assez solidaires face à notre malveillante et mesquine hiérarchie. 

Notre chef de service, était lui un petit roquet teigneux et de 1990 à 2007, répondant au doux surnom de " Malade mental ", j'ai dû le subir encore plus que les autres.
 Aidé par les RH, il cherchait à tous prix à me pousser à la faute pour me faire licencier. Il m'humiliait également le plus possible.
Je le revois, par exemple, m'invectivant parce qu'il me fallait boire beaucoup d'eau à cause de mon traitement par sels de lithium. Il faut quand même dire que les locaux de notre annexe à Poisat n'était pas climatisés et que l'été nous y relevions souvent des températures supérieures à 35°C.
    
Mais j'ai tenu. J'ai tenu pendant plus 30 ans sans le statut de handicapé qui de toute façon ne correspondait pas à l'image de base que j'ai de moi-même
En cachant les choses ou en les racontant à ma sauce, j'ai résisté. 
Ma femme, Judith,  m'y a alors beaucoup aidé. 

Quand ce chef de service nabot, alcoolique et tortionnaire est enfin parti à la retraite, son remplaçant  m'a donné une chance en me nommant contrôleur technique. Cette fonction était intéressante car par ma maitrise des différents équipements électroniques, parfois complexes et de leurs fonctions dans les réacteurs nucléaires, je prenais un rôle important en ce qui concerne la sureté et la pérennité de l'instrumentation de contrôle et de commandes des installations nucléaires françaises et de quelques unes à l'export. 
Je sortais à nouveau de l'ombre mais pas non plus vraiment prêt à faire  des concessions vis à vis des failles du système ou a être le simple "cocheur de cases" nécessaire pour la validations d'un travail parfois douteux ou carrément non effectué. Même de mieux en mieux payé, je n'étais pas prêt à être au service du lobby nucléaire et de ses magouilles. Je refusais le rôle d'éventuel fusible que ma hiérarchie tentait peu à peu de me faire tenir quand je devait signer des suivis d'opérations pratiquement les yeux fermés. Pas question dans mon éthique personnelle d'être un signataire bidon de plus sur un plan qualité de complaisance. D'être un pantin sans foi ni loi comme le sont beaucoup d'arrivistes de cette filière.

Alors sont venus les interrogations et les scrupules - un autre conflit de loyauté - vis à vis de moi-même d'abord, de mon métier et des générations futures ensuite. 

En 2014, il y avait longtemps que je ne trouvais plus de motivation pour aller travailler. 
Matin après matin, c'était de pire en pire. Les dernières années,  c'était devenu si monotone, qu' aller au travail était devenu extrêmement douloureux.
La fonction de contrôleur technique n'étant plus respectée et devenue une sorte de rôle qu'il me fallait jouer mais en n'étant pas trop regardant sur ce que l'on renvoie au client. 
Comme " saloper " le travail a toujours été impossible pour moi, tout cela déboucha sur un terrible burn-out qui me valu dans un premier temps pratiquement deux ans et demi d'arrêt maladie et qui se termina par une courte hospitalisassions en février 2017,  à ma demande, histoire de trouver un peu de répit loin de la famille. Ce séjour en psychiatrie fut pourtant l'une de mes pires hospitalisation 
A  la fin, mon toujours psychiatre le Docteur Philippe Séchier, me proposa un statut d'invalidité.
La pension représentant la moitié de mon salaire complété par la rente d'une assurance gros risque. 
Laissant de coté ma carrière dans le nucléaire civil, je me disais qu'une nouvelle vie pourrait commencer pour moi et quelle me laisserait le temps de faire ce que j'aime par dessus tout, l'Art.

09/01/2023

Janvier 2023 - Séparation conjugale

 Judith a été mon épouse bien-aimée, la femme de ma vie. Elle m'a offert deux merveilleux enfants. Hélas, en raison du confinement lié à la COVID-19 et de mon obstination à comprendre mon problème, j'ai progressivement négligé ma famille. Il est probable que j'avais également besoin d'expériences intenses. L'arrêt trop brusque de l'Abilify y était surement aussi pour quelque chose. Il faut dire que depuis mon passage en invalidité (2017), je me suis beaucoup investi dans plusieurs réseaux comme le REV et d'autres mouvements assez critiques vis-à-vis de la psychiatrie.  

À cause de mon état mental et de ce besoin de liberté de ma part, et surement aussi le sien, Judith ne me supportait plus, et après 35 ans de vie commune, elle est partie avec les enfants en janvier 2023. Marre de gérer mes extravagances, mes crises et mes rechutes. 

Je la comprends.

26/11/2022

Problème du sevrage des neuroleptiques

Chez moi, l'arrêt des neuroleptiques amène un retour d'états mentaux antérieurs. Puis, dans un contexte d'accélération de la pensée, un peu comme si le flux trop fluide d'informations devenait trop important pour pouvoir être géré par mon petit cerveau, un emballement de l'idéation se produit. Ceci, invariablement, me conduit à une phase hypomane et à une nouvelle décompensation.
Depuis le 2 février 2022, date de l'arrêt définitif de l'Abilify, face à cette première difficulté, ma réponse a été, comme me l'avait appris la méditation pleine conscience, de ne pas m'angoisser et de laisser venir les choses en les observant simplement sans les juger (méta position).

Il existe lors d'un sevrage des antipsychotiques beaucoup de risques de rechute. Non seulement reviennent des pensées farfelues et postérieures à la bouffée délirante initiale, mais elles peuvent amener aussi à une sorte de colère réactionnelle et ainsi passer pour un accès psychotique aux yeux de l'entourage devenu trop attentif au moindre symptôme ou à ce qu'il peut prendre pour un symptôme. 

Je pense que c'est précisément ceci qui m'a valu un séjour aux urgences générales au Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble du jeudi 17 au vendredi 25 novembre 2022 :
Après 3 jours d'errance fumigène chez et avec une amie dans la périphérie de Grenoble, elle me dépose chez moi vers 23 heures ; Je suis étonné de trouver mon épouse, Judith, et mon fils ; Louis, réveillés et qui m'attendent, l'air sévère. 
C'est vrai que je suis bien défoncé et que je tiens à peine debout. 
Je n'ai qu'une envie : Aller me coucher. Cependant, Judith ne l'entend pas comme ça et me fait prendre 100 mg de Tercian. 
Elle cherche ensuite une prise en charge par une ambulance ou la police, mais comme je ne suis dangereux ni pour moi ni pour autrui, les secours refusent d'intervenir. 
Ce n'est que vers 2 heures du matin qu'elle me conduira, accompagnée de Louis, aux urgences de l'hôpital principal de Grenoble avec l'espoir d'une hospitalisation en psychiatrie au centre hospitalier de Saint-Égrève (CHAI).

Ce n'est pas ce qui se passera.

Le séjour aux urgences durera huit jours dans une ambiance apocalyptique. L'hôpital n'est plus en mesure d'assurer sa mission de santé publique. J'en ai alors fait l'expérience :  Nous, les patients, étions entassés dans les couloirs pratiquement éclairés 24 heures sur 24, couchés sur des brancards, parmi les gémissements des trépassant et les sprints des docteurs et des infirmières. 
Pendant cette période de huit jours, je n'ai eu, pour changer des club-sandwichs, que deux repas chauds. 
Entre les séjours dehors, dans le froid, en pyjama, pour fumer une cigarette ou simplement me changer un peu les idées et échapper, un moment, à l'agitation propre aux urgences, on ne peut pas dire que ce séjour était reposant.

Cependant, ma nouvelle grande victoire a été la façon de prouver aux médecins qu'une hospitalisation en psychiatrie était inutile du moment que j'acceptai de reprendre une petite dose de 5 mg d'Abilify.

15/07/2022

Le cycle d’une vie

Je remercie Elisabeth Lebeau d'avoir produit le texte suivant après plusieurs séances d'Open Dialogue ensemble :

« Dans sa famille, les femmes y jouent un rôle prépondérant. De génération en génération, elles ont une activité professionnelle avant d’épouser leur homme doté d’une bonne situation. Concours de circonstances ? Les maris disparaissent relativement vite laissant à leurs épouses le soin d’éduquer les filles nées de leur union. La naissance d’un troisième larron dans cet univers féminin est comme un grain de sable. L’enfant n’est pas aussi docile que les filles et pour exister, le seul moyen à sa portée est la rébellion, tout en assumant parfaitement le rôle du père lors des absences de ce dernier.


Dans sa famille si les maris ont des situations professionnelles honorables, voire même sujettes à la notoriété publique, par quel coup du sort sont-ils amenés à mourir jeunes ou à devoir changer de profession ? Notre héritier n’échappe pas à la tradition. S’il se bat pour faire les études qui lui conviennent et qui lui apportent ses jours de gloire, il est contraint d’abandonner cette voie pour en emprunter une autre étrangère à ses centres d’intérêts et gagner sa croute.

Ses relations avec la gent féminine évoluent, de la trahison amoureuse dans sa tendre jeunesse aux difficultés relationnelles avec sa génitrice. Pourtant quand son épouse et son fils se heurtent, notre homme prend appui sur un membre de son réseau pour les faire sortir de cette impasse. Dans son foyer, le cercle infernal semble être brisé et les relations se rétablissent entre ses membres.

Au final, il incarne parfaitement le programme de vie reçu à sa naissance à travers son prénom : ses fondations sont construites dans un matériau solide comme du roc et son rayonnement brille comme un sou neuf. Il est comme un Roi au pays du rêv(e) et du concret.

Quel bonheur d’avoir croisé son chemin … 
»   Elisabeth Lebeau – Nantes 15/07/2022

Famille - Interpretation dessinée du test de Rorschach (1981)

05/11/2021

Novembre 2021 - Finalement borderline ?

 Formidable cours !

En 1985, à l'âge de 21 ans, j'ai été trop rapidement diagnostiqué schizophrène. Après quelques années et après avoir fui les institutions psychiatriques, j'ai réussi à me faire embaucher dans le nucléaire civil.

Malheureusement, un diagnostic psychiatrique est une sorte de gros tatouage indélébile, un marquage au fer rouge et, fin 1989, le monde s'est à nouveau effondré sous mes pieds à cause d'un enchainement de situations difficiles à gérer.

J'ai ensuite rencontré l'alors jeune Docteur Philippe Séchier au CHS de la Savoie en 1991 et nous avons navigué ensemble pendant 30 ans.
Je sais que plus d'une fois, il s'est questionné à mon sujet, oscillant entre un diagnostic de schizophrénie et celui de bipolarité. Il a assuré mon suivi avec une grande gentillesse, mais, comme il est grand spécialiste du médicament, il m'a maintenu dans ce qu'il pensait être une schizophrénie dysthymique pendant 30 ans.
Ainsi, j'ai longtemps fait mienne cette pathologie terrible et tout ce qu'elle implique de négatif et de désespérant.

En 2019, quand il est parti à la retraite, j'ai été suivi par le Docteur Amandine Basson. Elle m'a beaucoup écouté, écrit parfois, me qualifiant de " Personnage haut en couleurs ". 

Un soir qu'elle faisait son jogging dans la montagne, elle eut une illumination : " Borderline ! ". Quand elle m'a raconté ça à la consultation qui a suivi, mon avenir s'est éclaircie et mon âme s'est rallumée.

Amandine Basson est une psychiatre géniale, mais il ne faut pas trop lui dire parce que ses chevilles vont gonfler et après elle ne pourra plus courir dans la montagne.

19/08/2021

La vérité nous rattrape

 Il m'aura fallu 36 années et 4 consultations récentes (d'avril à juin 2021) pour découvrir le secret de celle qui en 1985 avait posé le diagnostic initial et fatal de schizophrénie :

En 1985, au CHS de Bassens, le Docteur Hélène Aussedat, alors jeune interne, était en fait terrorisée par le Docteur Jean-Paul Chabannes, son chef de service. En deux jours, elle avait posé le diagnostic cruel et sans appel à mon égard : Schizophrénie.

Ces psychiatres appliquèrent à ce moment-là de force le protocole médical classique : neuroleptiques et anxiolytiques. Puis voyant qu'il ne fonctionnait pas, ou pas assez rapidement, à leur gout, ils le renforcèrent en augmentant les doses et en ajoutant d'autres molécules. Ceci eu pour effet de me plonger dans un bardo psychologique, me rendant dépressif et doutant de tout. En moins d'un mois, je n'étais plus rien d'autre qu'un malade mental. Le jeune artiste prometteur n'était maintenant plus qu'un zombie

L'hospitalisation fut une expérience effrayante. Après un mois de traitement, je ne savais plus compter et lisais difficilement à cause d'un relâchement du muscle optique provoqué par les médicaments qui rendait ma vision floue. De jour en jour, je me voyais dépérir, devenant de plus en plus baveux, obèse, idiot et effrayé.

Mon avenir serait désormais conditionné par les médicaments et par les drogues.

Oui, Hélène Aussedat et Jean-Paul Chabannes ont fait un sale boulot : ils m'ont rendu psychotique.

Cela arrangea quand même un peu maman qui pouvait alors m'imposer ses volontés. Je redevenais son objet, sa plante à soigner, légume que j'étais devenu. D'abord, elle me barra la voie du retour à mes chères études artistiques Ce fut la première chose qu'elle fit. "Les Beaux-Arts, c'est fini pour toi !". J'étais à un an et demi du diplôme supérieur d'Art plastique (Bac +5), mais c'était terminé. 

Je devenais quelqu'un comme tout le monde, quelqu'un que je n'avais pas choisi d'être.

02/11/2020

Moi sans tabac

J'ai évoqué plusieurs fois dans ce blog mon addiction à la cigarette.


Ce 2 novembre, le buraliste (le plus crétin de Grenoble) me demande 21,60 € pour un paquet de Camel et un de Marlboro (sensiblement ma consommation journalière). Face à mon étonnement et pour justifier son arnaque, il m'annonce une nouvelle augmentation la veille. Je paie et je mets les 2 paquets dans mon sac.

La coupe était déjà bien pleine mais, cette fois, c'est décidé : J'arrête de fumer.

31/10/2020

État hypnagogique contrôlé par la méditation.

 Il se produit actuellement quelque chose d'important dans mon cortex. Quelque chose que je vais essayer d'expliquer ici :

Depuis quelques années, d'abord aidé par l'équipe du C3R de Grenoble, je pratique la méditation pleine conscience. Au début, cela se passait assez bien et classiquement : Guidé pas la respiration, les yeux fermés. Je ne m'en sortais pas trop mal.

Puis, peu à peu, s'est instaurée toute une période où, systématiquement, je m'endormais vers le milieu des séances, que je sois allongé ou assis : Tout commençait toujours avec des images. Des visions incontrôlées se présentaient à ma conscience, comme celles émergeant juste avant l'endormissement les soirs de grande fatigue.  Cette zone limite où le corps s'engourdit en une douce torpeur. 

Je me suis alors mis à utiliser cela pour trouver le sommeil, le soir, quand je me couche.  Aujourd'hui, quel bonheur, j'arrive à m'endormir en moins de trois minutes, même la veille d'une journée que je sais d'avance stressante parce qu'un évènement important y est prévu.

Par contre, cela m'empêchait de rentrer dans un état méditatif plus de quelques minutes à la fois. Je pratiquais alors des micro-méditations plusieurs fois par jour (dans le tramway, dans l'ascenseur… ). C'était extrêmement court, mais quand même dynamisant et bénéfique.  

Mais j'étais frustré, incapable de méditer plus de cinq minutes.

Sur les conseils de Laurent BERTHE, mon référent C3R et ceux de Stéphane NAU, mon instructeur MBSR (1), un jour, je me suis aperçu qu'en ouvrant légèrement les yeux quand cet état arrivait, je pouvais à nouveau méditer, et enfin reprendre les séances sans m'endormir.

Je place alors ma conscience dans cette zone où les images défilent à mon cerveau. Cet endroit magique où je suis spectateur d'un monde imaginaire. 

En maintenant cet état de vigilance entre veille et sommeil, ma conscience se "débranche" de mon corps. Je suis alors dans une sorte le rêve éveillé ou des images, puis maintenant des sons, se présentent à moi et deviennent réalité.  Mon corps n'existe plus. J'arrive à tenir ce statuquo pratiquement aussi longtemps que je le veux, même si parfois, de moins en moins souvent, je m'endors encore.

Ces moments (2) sont comme ceux de l'exploration d'un monde inconnu et délirant. Je n'en suis qu'au début (une quinzaine de jours) mais je ne manquerai pas de tenir mes lecteurs informés de l'évolution de ce phénomène exploratoire que je trouve intéressant.


(1) Le programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction ou en français « Réduction du stress basée sur la pleine conscience ») est un protocole clinique de régulation du stress développé par Jon Kabat-Zinn.

(2) État hypnagogique : Propre aux états de semi-conscience ou aux troubles psychiques qui précèdent le sommeil normal ou qui lui succèdent.
 État, illusion, image hypnagogique. 
L'intuition artistique ressemble en effet aux hallucinations hypnagogiques − par son caractère de fugacité, − ça vous passe devant les yeux, − c'est alors qu'il faut se jeter dessus, avidement. 

14/09/2020

La forêt de mon père

La Forêt de mon père, avec Ludivine Sagnier et Alban Lenoir, est un film très personnel de Vero Cratzborn. Celle qui dit avoir « grandi dans la folie de son père » aborde le thème douloureux du trouble psychique et de ses conséquences sur le cercle familial.




Le REV (Réseau sur l'Entente de Voix et autres phénomènes difficilement partageables) de Grenoble (qu'en tant que facilitateur, je représentais) et la Ligue des Droits de l’Homme organisaient une projection du film le 14 septembre au Cinéma LA NEF.


 Elle fut suivie d’une conférence-débat.

13/11/2019

Intervention à la faculté de Grenoble Alpes

A l'invitation de mon amie Catherine Bortolon (Psychologue et Maître de Conférences à l'Université Grenoble Alpes), j'intervenais hier (12 novembre 2019) devant des étudiants en psychologie pour parler de la schizophrénie. J'ai besoin de m'améliorer mais cet exercice m'a bien plu. J'en ai tiré un audio que je partage ici avec vous :

04/02/2019

(Re)prise d'une activité physique

Je vais tout à l'heure rendre visite à une coach sportive qui aide les gens à reprendre une activité physique après une maladie. 

Même si j'en ai le potentiel physique, la carrure, je n'ai jamais été très sportif. Ayant du mal à évaluer le long terme et cherchant toujours un feedback quasi instantané, l'effort physique n'est pas tellement dans mes habitudes. 

Nourrissant une basse estime de moi-même, je me "retrouve" plus dans l’échec que dans la réussite. L'échec m'évite de remettre en cause mes propres compétences. Je me suis ainsi créé un auto-handicap :  je ne me prépare pas comme il faut pour une échéance longue et je choisis systématiquement des objectifs trop difficiles ou impossibles à atteindre.  Dans cette prophétie autoréalisatrice, pour éviter l'échec, souvent, je préfère ne rien faire (procrastination / acrasie). 

Pour le moment, je souhaite juste intégrer l'activité physique à mes habitudes de vie.  Je vais y aller tranquillement, et pas à pas, pour ne pas être dégoûté dès la première séance. 

28/12/2018

Déprime automnale et collapsologie

La fin de 2018 a été difficile : Comme souvent un état dépressif lié à la réduction de la lumière diurne me plombait dans une sorte d’apathie.
J'ai bien une lampe de luminothérapie mais je ne l'ai utilisée que sur le tard.
J'ai passé beaucoup de temps à ruminer et à me sentir impuissant en découvrant la collapsologie.



A Noël, nous avons passé une semaine à Saint-Jean-De-Maurienne chez maman. L'ambiance était apaisée et ce retour en Savoie m'a fait du bien. Malheureusement, sur le plan pondéral, j'ai pris quelques kilos avec la bonne nourriture de fête.

Au solstice, la motivation est doucement revenue.

22/08/2018

Cigarettes et cachetons

" Il a été constaté que les patients schizophrènes avaient fréquemment recours au tabagisme comme automédication pour compenser les déficits dus à leur maladie ou pour les soulager des lourds effets secondaires de leur traitement (léthargie, perte de motivation…). Le cortex préfrontal (région associée à la cognition : la prise de décision et la mémoire de travail) est une des zones altérées chez les patients présentant des troubles psychiatriques comme la schizophrénie, qui peuvent s’accompagner d’un tabagisme intensif. Dans une situation non pathologique, l’activité du cortex préfrontal est modulée par des neurotransmetteurs (l’acétylcholine) via les récepteurs nicotiniques situés à la surface des cellules nerveuses ".


J'ai un problème à régler avec mon Grand-Père, décédé en 1965, d'un cancer du poumon.  Il y a un vrai lien entre tabac et schizophrénie : Quand j'ai été en crise (ou un tout petit peu avant), j'ai toujours fait, une tentative de sevrage nicotinique, mais quelques jours après, je me retrouvais au CHS entre quatre murs, hospitalisé. Après…  je reprenais la clope.

Je crois que ça marche dans les deux sens : Si j'arrête de fumer, je retombe malade & quand je retombe malade, je suis au maximum de ma motivation pour arrêter de fumer. 

Je me pose aussi des questions en termes de fidélité à mon Grand-Père, Auguste GOIRAND, une interprétation néochamanique, héréditaire et épigénétique de mon rapport à la cigarette. Je ne sais que peu de chose de lui, mais mon premier souvenir dans la vie est celui assez vague, il est vrai, de ce Monsieur agonisant sur son lit de mort. J'avais alors 2 ans et demi.

Il y a là quelque chose qu'il me faut régler !

20/08/2018

Le schizophrène n'est pas sociable !

Quand ils sont hospitalisés, les gens se plaignent souvent que leurs amis les laissent tomber.
C’est vrai que j’ai ressenti ce genre d’abandons lorsque j’étais seul entre les 4 murs d’une chambre d’hôpital psychiatrique. Solitude, aussi, et souvent pire, quand il me fallait ré-affronter la vie sans pratiquement aucun soutien. Solitude dans la tête surtout et ce sentiment abominable de ne plus avoir personne à qui parler, ni par qui être compris.

J'ai quand même eu la chance d’avoir quelques copains fidèles qui ne m’ont jamais laissé tomber, même si plein de cachetons, il faut bien le dire, je n’étais pas d’une compagnie très hilarante. Quand la plupart avait déserté le navire, ceux-là m’ont soutenu dans l’épreuve ne cherchant pas à comprendre pourquoi j’avais été hospitalisé. Ils ont continué à être mes potes, tout simplement, me parlant comme si de rien n’était. Et de cela, je les en remercie.


Les autres comme ils cherchaient à m’analyser, voire à me juger, se sont vus renvoyer une image tellement inquiétante et incompréhensible de ce qu'il se passait dans ma tête qu’ils sont partis à jambes déployées. 
Bon débarras !
Cependant, je ne leur en veux pas.