Dans certains récits, le mari partait avec la bonne. Dans mon cas, c'est la bonne qui est partie avec ma femme.
Comme rien ne se passe de bien folichon, je survis sans beaucoup d'énergie.
« Là où il faudrait de la gentillesse, de la bienveillance, de l'écoute et de la douceur, on installe des matons, des caméras de surveillance, des grillages et de la contention ». Pierre-Louis Goirand
Depuis que les enfants et Judith ont quitté la maison, j'essaie de "refaire ma vie".
Je rencontre quelques nanas avec qui je tente d'établir une relation amoureuse, mais j'ai toujours en tête nos 35 ans de vie commune et je n'arrive pas à en sortir.
Je suis tellement critique et exigeant que je n'arrive pas à m'engager avec qui que ce soit.
Le vendredi 22 septembre 2023, sûrement à cause d'une consommation excessive de cannabis et la diminution trop rapide de mon médicament (Abilify), je me retrouve dans une nouvelle phase délirante.
Je garde quand même un souvenir ému de cette période qui a pourtant failli s'achever de manière tragique : C'était à Saint-Laurent-Des-Eaux, où j'intervenais sur les onduleurs, juste avant la Saint Sylvestre et le passage en 1990. Je me rappelle de cet épisode de ma vie comme si c'était hier.
De notre première dispute de couple avec Dominique à l'hôtel et de l'engueulade matinale avec l''hôtelier, de mon passage express à la centrale, de la révélation de l'"omerta atomique" , de ma mise en placement d'office ensuite. Ce même matin de brouillard où les policiers qu'avait mandatés le préfet du Loiret m'ont arrêté, des mensonges me concernant qu'avait extorqué les mêmes flics ensuite à ma copine, de la rudesse de la chambre d'isolement de l'hôpital de Fleury-Les-Aubrais ensuite, puis du transfert en ambulance deux semaines plus tard au CHS de l'Isère.
Quand, au bout de deux mois, l'hospitalisation sous contrainte fut levée, j'ai essayé de reprendre mon métier de responsable d'interventions dans les centrales nucléaires mais, à cause des médicaments, je n'y suis pas arrivé.
Judith a été mon épouse bien-aimée, la femme de ma vie. Elle m'a offert deux merveilleux enfants. Hélas, en raison du confinement lié à la COVID-19 et de mon obstination à comprendre mon problème, j'ai progressivement négligé ma famille. Il est probable que j'avais également besoin d'expériences intenses. L'arrêt trop brusque de l'Abilify y était surement aussi pour quelque chose. Il faut dire que depuis mon passage en invalidité (2017), je me suis beaucoup investi dans plusieurs réseaux comme le REV et d'autres mouvements assez critiques vis-à-vis de la psychiatrie.
À cause de mon état mental et de ce besoin de liberté de ma part, et surement aussi le sien, Judith ne me supportait plus, et après 35 ans de vie commune, elle est partie avec les enfants en janvier 2023. Marre de gérer mes extravagances, mes crises et mes rechutes.
Je la comprends.
Je remercie Elisabeth Lebeau d'avoir produit le texte suivant après plusieurs séances d'Open Dialogue ensemble :
« Dans sa famille, les femmes y jouent un rôle prépondérant. De génération en génération, elles ont une activité professionnelle avant d’épouser leur homme doté d’une bonne situation. Concours de circonstances ? Les maris disparaissent relativement vite laissant à leurs épouses le soin d’éduquer les filles nées de leur union. La naissance d’un troisième larron dans cet univers féminin est comme un grain de sable. L’enfant n’est pas aussi docile que les filles et pour exister, le seul moyen à sa portée est la rébellion, tout en assumant parfaitement le rôle du père lors des absences de ce dernier.
Formidable cours !
J'ai évoqué plusieurs fois dans ce blog mon addiction à la cigarette.
Il se produit actuellement quelque chose d'important dans mon cortex. Quelque chose que je vais essayer d'expliquer ici :
Depuis quelques années, d'abord aidé par l'équipe du C3R de Grenoble, je pratique la méditation pleine conscience. Au début, cela se passait assez bien et classiquement : Guidé pas la respiration, les yeux fermés. Je ne m'en sortais pas trop mal.
Puis, peu à peu, s'est instaurée toute une période où, systématiquement, je m'endormais vers le milieu des séances, que je sois allongé ou assis : Tout commençait toujours avec des images. Des visions incontrôlées se présentaient à ma conscience, comme celles émergeant juste avant l'endormissement les soirs de grande fatigue. Cette zone limite où le corps s'engourdit en une douce torpeur.
Je me suis alors mis à utiliser cela pour trouver le sommeil, le soir, quand je me couche. Aujourd'hui, quel bonheur, j'arrive à m'endormir en moins de trois minutes, même la veille d'une journée que je sais d'avance stressante parce qu'un évènement important y est prévu.
Par contre, cela m'empêchait de rentrer dans un état méditatif plus de quelques minutes à la fois. Je pratiquais alors des micro-méditations plusieurs fois par jour (dans le tramway, dans l'ascenseur… ). C'était extrêmement court, mais quand même dynamisant et bénéfique.
Mais j'étais frustré, incapable de méditer plus de cinq minutes.
Je place alors ma conscience dans cette zone où les images défilent à mon cerveau. Cet endroit magique où je suis spectateur d'un monde imaginaire.
En maintenant cet état de vigilance entre veille et sommeil, ma conscience se "débranche" de mon corps. Je suis alors dans une sorte le rêve éveillé ou des images, puis maintenant des sons, se présentent à moi et deviennent réalité. Mon corps n'existe plus. J'arrive à tenir ce statuquo pratiquement aussi longtemps que je le veux, même si parfois, de moins en moins souvent, je m'endors encore.
Ces moments (2) sont comme ceux de l'exploration d'un monde inconnu et délirant. Je n'en suis qu'au début (une quinzaine de jours) mais je ne manquerai pas de tenir mes lecteurs informés de l'évolution de ce phénomène exploratoire que je trouve intéressant.
(1) Le programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction ou en français « Réduction du stress basée sur la pleine conscience ») est un protocole clinique de régulation du stress développé par Jon Kabat-Zinn.
(2) État hypnagogique : Propre aux états de semi-conscience ou aux troubles psychiques qui précèdent le sommeil normal ou qui lui succèdent. État, illusion, image hypnagogique. L'intuition artistique ressemble en effet aux hallucinations hypnagogiques − par son caractère de fugacité, − ça vous passe devant les yeux, − c'est alors qu'il faut se jeter dessus, avidement.