« Là où il faudrait de la gentillesse, de la bienveillance, de l'écoute et de la douceur, on installe des matons, des caméras de surveillance, des grillages et de la contention ». Pierre-Louis Goirand
29/01/1990
29 janvier 1990 - Levée du placement d'office
09/01/1990
1990 : Saint-Égrève
La deuxième semaine de ce mois de janvier 1990, je suis transféré par une équipe de deux infirmiers et un ambulancier jusqu’à l’hôpital de St Egrève qui est le plus grand hôpital psychiatrique de l’Isère.
Parfois, j'ai l'impression aussi que la télévision du service m'invective quand j'entends les mots "phase 3".
27/12/1989
Placement d'office
Je ne sais pas où est passée Dominique.
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| 4 for a shoot (Technique mixte sur toile - 2016) |
Les jours et les nuits se succèdent.
Un matin, la porte de la chambre d'isolement est entre-ouverte.
Je me faufile. Dans une salle commune où hurle une télé, une chouette petite métisse me tend une Camel et un briquet.
Elle s'appelle Marie. Elle est belle. Elle est espiègle.
Je kiffe son sourire !
25/12/1989
Noël 1989 - Nucléaire et placement d'office
Même si le procès s'est bien passé, je reste fatigué. Depuis mon embauche comme responsable d'interventions dans les centrales nucléaires pour la société Merlin-Gerin, il y a plus d'un an et demi, je n'ai pas eu de vacances. Je deviens nerveux et fume cigarette sur cigarette. Le rythme imposé par le travail est difficile à suivre. Des problèmes de déontologie et les valeurs nucléaristes opposées aux miennes me perturbent aussi. J'assume mal mon métier de " salaud du nucléaire " car les plannings de fous m'empêchent de le faire bien.
À Noël, chez mes parents à Saint-Jean-De-Maurienne, je ne vais pas bien du tout.
J'aurai plutôt besoin de vacances, pourtant, le soir même, je redescends à Grenoble.
Très tôt le lendemain matin, je prends la direction de Creil (7 heures de route) où je retrouve Dominique chez une de ses sœurs.
Le jour suivant, je dois intervenir sur les onduleurs de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-Des-Eaux. Je suis vraiment très fatigué, mais je tiens. Je ne sais pas comment.
Le lendemain, après encore trois heures de route, Dominique à mes côtés, je trouve un hôtel à Beaugency, tout proche de la centrale dans laquelle je dois intervenir dès le lendemain.
Dominique n'est pas habituée à ce genre de séjour et ne comprend pas tous les codes et usages des nomades du nucléaire. Notre couple est en crise. Nous nous engueulons une bonne partie de la nuit dans la chambre en gênant les autres clients.
Vers 6 heures du matin, après une mise au point avec l'hôtelier furax, je file seul dans la nuit et un brouillard épais vers la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans la petite voiture blanche au logo orange. Après un long passage au PAS (Poste avancé de sécurité) pour avoir mon badge magnétique, je rentre enfin sur le site pour voir mon client de Framatome qui tient à tout prix à me faire rentrer (sans autorisation valide) dans les locaux électriques et me faire rencontrer le câbleur de Spi Batignolles que je dois diriger pour la modification sur les onduleurs.
Après cette visite du futur chantier, l'organisation du planning de l'intervention et surtout une sorte d'intuition qui relève pratiquement de la vision médiumnique référant à quelque chose de cacher aux simples visiteurs de ce site. Je suis fort perturbé par un énorme questionnement sur la sureté et la contamination à Saint-Laurent-des-Eaux. Quelque chose d'effrayant !
Plein de visions et de flashs très désagréables, je rentre à l'hôtel.
Je le retrouve difficilement toujours à cause du brouillard toujours épais (à l'époque, les GPS n'existaient pas) et je suis aussi envahi par des visions qui bientôt me submergent.
Par décision du préfet du Loiret, me voilà en placement d'office.
18/11/1989
Novembre 1989 : Insultes à agent
Nous sommes amenés et soignés à l’hôpital de Dunkerque. Puis, nous rentrons sur Gravelines en taxi.
Le lendemain, alors que je sors de chez le médecin du village, où je suis allé faire voir mes 25 points de suture (quand même !) et mon crâne à moitié tondu, je suis attendu par un inspecteur de police qui me convoque au commissariat local : Le flic vexé a porté plainte contre moi et aussi contre un copain qui l'a pris à partie quand il est descendu de l'ambulance des pompiers. Insultes à agent.

