« Là où il faudrait de la gentillesse, de la bienveillance, de l'écoute et de la douceur, on installe des matons, des caméras de surveillance, des grillages et de la contention ». Pierre-Louis Goirand
06/01/1992
Janvier 1992 - Reprise du travail
En août, nous partons quinze jours en Italie chez les parents de Bilbo. Le séjour est agréable même si je prends du LYSANXIA (un anxiolytique) contre mes angoisses, du TINORAN (un antidépresseur) en plus du FLUANXOL (neuroleptique en injection retard) et du TERALITHE (sel de Lithium).
13/11/1991
Novembre 1991 - Trouble bipolaire versus schizophrènie
Je prends mon antidépresseur (ANAFRANIL) un peu n’importe comment (parfois pas du tout, parfois une demie plaquette d’un coup) et je me retrouve rapidement en phase hypomane.
Sur mon dossier médical :
« Alors qu’il séjournait chez ses parents, il a présenté une crise d’excitation avec une agressivité verbale dirigée en particulier vis-à-vis de sa mère. »
Je suis réhospitalisé, ce 19 octobre 1991, à l'hôpital de Bassens (Chambéry). Pour me calmer, on me donne beaucoup de TERCIAN. Je ne veux pas rester à l’hôpital et Philippe Séchier m'accorde une permission au bout d'une semaine. Malgré cela, le dimanche soir, de retour à l'hôpital, je suis pris de cafard de ne plus être avec Judith. Je simule une grave douleur abdominale et, profitant du bazar que cela met dans l’unité, je m’évade au volant de la R21 que je viens d’acheter d’occasion à un collègue de boulot.
Le retour jusqu’à Grenoble est difficile avec tout ce TERCIAN, un puissant sédatif. A mi-chemin, je fais même un petit somme sur une aire de l'autoroute A41 à mi-chemin entre Chambéry et Grenoble.
Je tente une reprise professionnelle, mais le médecin du travail, le Docteur Marguerite Pelletier, demande au docteur Séchier de m’arrêter encore un peu, car je ne fais pas l’affaire dans mon travail vu mon état psychique disent mes chefs. En réalité, comme il y a peu de travail dans le service l'hiver, cela arrange tout le monde.
Je suis dans un speed important, mais gérable. Je suis plein de vie. Je profite donc de ce long arrêt maladie pour reprendre les cours aux Beaux-Arts en troisième année.
Je fais même une expo à la mairie de Tullins-Fures (38) pour les vœux 1992 du Maire André Vallini.
Sur mon dossier médical :
« Le 07.11.1991 le docteur Séchier
FLUANXOL LP 20 : 2 cc IM/28 jours
TERCIAN 100 : (0-0-1)
Le 13.11.1991 – Dr Séchier :
Amélioration très nette, le contact est bon, le discours adapté et bien structuré, le patient n’apparaît plus exalté ni dispersé.
Le problème diagnostique qui se pose est celui de schizophrénie dysthymique versus trouble endogène de l’humeur avec caractéristiques psychotiques lors des accès aigus. Il est certain que le dernier accès nous est apparu plus dans le registre de l’exaltation maniaque et d’élation que dans le registre de la dissociation mentale. De plus, la charge familiale, dans la lignée paternelle, est loin d’être négligeable. Nous allons privilégier la seconde hypothèse pour l’heure et mettre en place un traitement préventif des troubles thymiques par sel de lithium ».
01/05/1991
Mai 1991: Etre amoureux et revivre
Mai 1991, je pars de chez mon parrain et largue définitivement mon appartement pour habiter chez ma nouvelle copine et sa sœur. Elle finit son année universitaire et nous passons du temps ensemble. Je sèche souvent le boulot et j'ai quelques problèmes avec le service du personnel mais je m’arrange pour ne pas être viré. Mes comptes en banque sont aussi dans le rouge car les parents de ma copine n’assument pas leurs deux filles et il me faut souvent payer loyer et nourriture pour 3 avec un salaire qui s'est réduit à peau de chagrin à cause de l'arrêt des déplacements et de mes absences à répétition.
26.06.1991 - Docteur Séchier
Nous ne l'avions pas revu depuis deux mois, en fait il ne veut plus venir en HN. Nous le trouvons bien stabilisé sur le plan psychique.
Il reviendra en consultation tous les mois.
Ordonnance pour un mois :
- ANAFRANIL 25 : un matin et midi
- PROMOTIL : un le matin.
24.07.1991 - Docteur Séchier
Très bonne stabilisation sur le plan psychique. Pas de signe de la série psychotique, est normothymique. Son élan vital est correct, il finit par s'ennuyer un peu au travail, travail qu'il décrit comme routinier, il aspire à retrouver son niveau antérieur.
Ordonnance remise pour deux mois :
- ANAFRANIL 25 : deux le matin
- PROMOTIL : un le matin.
06/04/1991
Avril 1991 - Judith, la femme de ma vie
Extrait de mon dossier médical :
06.04.1991 - Docteur Séchier
Il est bien stabilisé sur le plan psychique; il a retrouvé du tonus, mais ce n'est pas encore comparable à celui qu'il avait avant son dernier accès. C'est au travail qu'il a le plus de difficulté.
A partir de mai, il ne reviendra plus à l'Unité 2 qu'un weekend sur deux.

