30/06/2009

Vers la cicatrisation

Comme elle est apparue pendant que j’étais en 3ème année de Beaux Arts, j’ai longtemps associé la maladie et  ma création artistique.  Pendant de longues années, je me suis presque interdit de laisser mon cerveau vers ces endroits du délire à la limite du précipice de la démence. Avec les neuroleptiques,, j’avais des gardes fous, des limites, tellement marquées, que je ne risquais pas de m’en approcher ni même de le percevoir. A moins, que ce ne soit la maladie elle-même qui fermait les portes de la créativité, occupé que j’étais à lutter contre elle. Toujours est-il que je suis resté pendant 20 ans en mode veille ou tout au moins d’activité artistique réduite
Maintenant que ça va mieux, je pense souvent à m’y remettre mais je me trouve chaque fois un alibi pour remettre cela à plus tard. Une attitude d’aquoiboniste me caractérise. 
Le besoin de création picturale devenant de plus en plus présent (presque, à nouveau, vital), je vais m’y remettre dans peu de temps … enfin, je crois … si la vie m’en laisse le loisir.

21/11/2008

Nouvelle vie, pourquoi faire ?

Je ne désespère pas de reprendre une activité artistique proche de la peinture. 
J’ai d’ailleurs, quelques travaux à mon actif et même si je trouve parfois que ce que j’ai produit depuis le début de ma maladie n’a plus la Force de l’époque. Je crois aussi que j’ai créé une idée magnifiée de l’époque de ma vie où je n’étais pas encore malade. Je me dis qu'aujourd'hui,  tout est encore possible.

D'autre part, je sais aujourd’hui que si je devais peindre pour manger, je ne pourrais pas faire ce que je voudrais car je devrais m’adapter à la demande de mes hypothétiques clients et faire des concessions à la façon d'un artisan.

Je préfère donc assurer ma subsistance et celle de ma famille par mon travail dans le nucléaire civile, relativement bien payé, et garder mon artistique jardin secret.

Mon égo s'étant nettement amoindri en 23 ans de maladie (avec l’âge aussi), ma production modeste me suffit pour l’instant et, du coup, je n’ai guère d’état d’âme quand rien ne sort.

10/11/2007

Bientôt l'automne ...

Une vielle note que j'ai retrouvée sur mon blog. (Il faudra vous en contenter car en ce moment avec le changement récent de traitement (passage de Risperdal 1 mg à Abilify 10mg), je n’ai plus tellement envie de raconter mes hospitalisations et ma maladie. Je suis dans l’espoir d’une amélioration encore plus sensible).  Quelque chose est en train de changer et le texte ci- après appartient bel et bien au passé.

" Les jours qui se font ronger par les deux bouts comme une banane pourrie…
Le froid … et aussi l’anniversaire de la mort de mon père.
Une sorte de mélancolie que les romantiques du XIXéme aimaient à cultiver.
Si je regarde ma vie, elle est plutôt chouette. Je crois même que si on me l’avait décrite il y a 20 ans, j’aurai signé tout de suite.
Aujourd’hui, j’ai pratiquement tout ce dont un homme normal peut rêver :
 Une santé plutôt en voie d’amélioration, 
une femme que j’aime depuis toujours et que j’admire réellement, 
un Loulou
des amis attentifs, 
un bon confort matériel et un pouvoir d’achat qui me permet de ne travailler que 4 jours par semaine… 
Oui, j’ai tout ce qu’un homme normal peut désirer.

Mais voila, le problème c’est que  je crois ne pas être un « homme normal ». Les choses de l’ordre du spirituel et surtout de l’artistique me manquent. Il m'est facile de mettre ça sur le compte de la maladie et sur l’émoussement que provoquent les médicaments qui permettent de la soigner. "


Oui, c’est vrai que tout est plus difficile à cause de la pesanteur et de l’inertie qu'entraîne le traitement et aussi la maladie mais ce petit vide dans mon sentiment d’achèvement n’est pas si mauvais que cela car il me permet d’avoir encore (malgré certaines apparences blasées) des désirs et des envies.

Petit à petit, j’arrive quand même à tendre vers les objectifs que j’ai en tête.

Bien sur, il y a des baisses de régime et même parfois des retours en arrière mais, en m’y attelant un peu, les choses évoluent dans un sens qui me plait bien.

Et comme me le disait le Dr Marguerite Pelletier, le médecin du travail: « Vous êtes un battant ! »


09/02/2007

Extrait de l’émission "Le téléphone sonne spécial schizophrénie - France Inter" avec PHASE 3

Extrait de l'émission " Le Téléphone Sonne " sur France-Inter, le 9 février 2007.

J'interviens à 1:57 puis mon épouse, Judith, à 3:46 


24/12/2005

phase4

Depuis 2000, Judith commence à bien gagner sa vie. 
Moi, en vieux roublard, je ne me débrouille pas mal, même si souvent je n’ai pas envie d’aller au boulot et de jouer mon rôle de spécialiste en dépannages d’appareils électroniques issus des centrales nucléaires. Le Docteur Séchier le comprend et me fournit souvent des arrêtes maladie. 
Nous envisageons d’avoir un enfant mais les deux traitements contre l’hépatite C ou le fait que je fume encore un peu de shit rendent mon sperme rare et infertile. 
Commence alors une série de consultations chez des spécialistes de la procréation avec une série de tests un peu humiliants pour moi et des médecins pas toujours très sympas quand je dis le mot "Schizophrénie". 
Nous envisageons l’adoption mais mon généraliste, le Docteur Bernard, m’explique qu’il soignait des gens du voyage et, qu’après l’arrêt du cannabis, un de ses patients, qui lui aussi se croyait stérile, a eu 4 enfants. 
Je ralentis puis arrête totalement le shit en 2004 et au bout d’un an (et quelques spermatogénèses de plus en plus productives) Judith est enceinte.


Louis naît le 24 décembre 2005 à 00:15 tel un Jésus intergalactique.