09/04/2020

Isolement et confinement

Pour les fous des mesures de précautions ont été rapidement adoptées, j'ai quelques nouvelles par des soignants ou des amis hospitalisés. 

Fermeture des consultations et des structures ambulatoires, renvoi d’un maximum de patients chez eux avec suivi éventuel par téléphone.

Pour les repas, service dans les chambres lorsque cela est possible.

Fermeture des parties commues, réfectoires, salles télé, cafétérias ... , dans les hôpitaux et cliniques psychiatriques où les patients restent dans leur chambre.

Interdiction de sortie, de travail psychothérapeutique  de CAT , de sport, de permission. Interdiction de tout. 

Sans parler évidemment des SDF pour qui rester « chez eux » n’a évidemment pas de sens. 

Cette crise est étonnamment révélatrice des inégalités : ceux qui fuient dans leur maison de campagne et ceux qui s’entassent dans des barres HLM, ceux qui lisent du Tolstoï et ceux qui s’abreuvent de fake news, de mauvaise bière et de porno en premium, ceux qui se demandent comment s’occuper en touchant leur salaire et ceux dont la petite entreprise en semi-faillite achève de rendre l’âme. Et tous ceux qui continuent à travailler, parce qu’ils n’ont pas le choix. 

Évoquons aussi une réalité encore moins reluisante : la création d'unités COVID dans les établissements psychiatriques, avec la très grande inquiétude verbalisée par nombre de patients : auront-ils droit à être réanimés en cas de saturation des urgences médicales ? Les patients psychiatriques, lorsqu'ils seront atteints par le virus, bénéficieront ils de soins d'égale qualité que tout un chacun ?

12/03/2020

Santé mentale et néolibéralisme

Le délitement du lien social crée la maladie psychique (surtout dans les classes populaires) et les troubles mentaux génèrent des comportements déviants en réaction à cette société malade. La tolérance s'est aussi amoindrie (DSM-5). De la naissance à la mort, l'existence est médicalisée à outrance. La médecine classifie le pathos avant de comprendre l'histoire du patient le faisant taire et en le classant dans une catégorie. La demande sociale pousse aussi à ce que chaque trouble ait son médicament, son traitement. En créant ainsi une certaine homogénéité et une classification des maladies, le système tend à faire taire l'humain. Le sujet est la maladie, pas le patient. 

" Avoir une population en bonne santé mentale permettra à l'Union Européenne d'atteindre ses objectifs " -  Livre vert de l'UE (2005) 


Les idéologies sécuritaires émergent parce que la population doit être en bonne santé mentale à des fins économiques. La psychiatrie est la garante de l'ordre public. En pratiquant de plus en plus d'hospitalisations sans consentement, elle devient l'instrument de la normalisation des individus (Michel Foucault).

Contrainte sociale versus développement personnel : Le système capitaliste n'accepte plus l'improductivité et veut des individus dociles, flexibles et performants. La psychiatrie parle de dégradation du cerveau rarement de celle du lien social.

" La psychiatrie est le microscope du lien social : abandon et ségrégation des invisibles et des plus vulnérables, déni des réalités concrètes de terrain, promotion inconditionnelle des dispositifs néolibéraux d’assujettissement des citoyens par des lobbies…Nous manquons de contre-pouvoirs alors que la dictature du chiffre est maîtresse. "

26/02/2020

My Corona !!!

La plupart des molécules utilisées en psychiatrie étant fabriquées en Chine, ça risque de décompenser sec dans les chaumières prochainement. 

13/11/2019

Intervention à la faculté de Grenoble Alpes

A l'invitation de mon amie Catherine Bortolon (Psychologue et Maître de Conférences à l'Université Grenoble Alpes), j'intervenais hier (12 novembre 2019) devant des étudiants en psychologie pour parler de la schizophrénie. J'ai besoin de m'améliorer mais cet exercice m'a bien plu. J'en ai tiré un audio que je partage ici avec vous :