19/08/2021

La vérité nous rattrape

 Il m'aura fallu 36 années et 4 consultations récentes (d'avril à juin 2021) pour découvrir le secret de celle qui en 1985 avait posé le diagnostic initial et fatal de schizophrénie :

En 1985, au CHS de Bassens, le Docteur Hélène Aussedat, alors jeune interne, était en fait terrorisée par le Docteur Jean-Paul Chabannes, son chef de service. En deux jours, elle avait posé le diagnostic cruel et sans appel à mon égard : Schizophrénie.

Ces psychiatres appliquèrent à ce moment-là de force le protocole médical classique : neuroleptiques et anxiolytiques. Puis voyant qu'il ne fonctionnait pas, ou pas assez rapidement, à leur gout, ils le renforcèrent en augmentant les doses et en ajoutant d'autres molécules. Ceci eu pour effet de me plonger dans un bardo psychologique, me rendant dépressif et doutant de tout. En moins d'un mois, je n'étais plus rien d'autre qu'un malade mental. Le jeune artiste prometteur n'était maintenant plus qu'un zombie

L'hospitalisation fut une expérience effrayante. Après un mois de traitement, je ne savais plus compter et lisais difficilement à cause d'un relâchement du muscle optique provoqué par les médicaments qui rendait ma vision floue. De jour en jour, je me voyais dépérir, devenant de plus en plus baveux, obèse, idiot et effrayé.

Mon avenir serait désormais conditionné par les médicaments et par les drogues.

Oui, Hélène Aussedat et Jean-Paul Chabannes ont fait un sale boulot : ils m'ont rendu psychotique.

Cela arrangea quand même un peu maman qui pouvait alors m'imposer ses volontés. Je redevenais son objet, sa plante à soigner, légume que j'étais devenu. D'abord, elle me barra la voie du retour à mes chères études artistiques Ce fut la première chose qu'elle fit. "Les Beaux-Arts, c'est fini pour toi !". J'étais à un an et demi du diplôme supérieur d'Art plastique (Bac +5), mais c'était terminé. 

Je devenais quelqu'un comme tout le monde, quelqu'un que je n'avais pas choisi d'être.

17/08/2021

Ouvrons la voi(x)e


" Les fous ouvrent des voies qu'empruntent ensuite les sages ". Carlo Dossi



"Le fou perçoit certaines choses que l'artiste aborde ensuite et que le scientifique décrira souvent bien plus tard" — phase3

06/06/2021

Corbeau


Le tri entre les fous et les autres est en passe de devenir plus violent qu'il ne l'a jamais été, et ce, dans le rejet, l’ignorance, le mépris et la haine. L'idée tendance est de reléguer la folie hors de l’humanité alors que l’humanisation des relations interpersonnelles est le remède. 
L’Humanité d'une civilisation est sa faculté à accueillir la folie. 
Cela se construit patiemment, avec de la curiosité, de l’imagination et un pragmatisme qui à terme nous fera admettre que le fou est notre semblable.


" L’homme en noir est assis.   L’homme en    noir est assis au bord du vide.
  Le corbeau veille sur lui.
  Aujourd’hui : Rien ! "    phase3 (hiver 1983)

06/05/2021

T'es barré ou quoi ?



« Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient ». Antonin ARTAUD  " Van Gogh, le suicidé de la société " - 1947


Antonin. ARTAUD par David SOUDAN

Dans la vie en société, celle que l'on appelle parfois « la vraie vie », mais où le lien social, n'existe pratiquement plus que dans la violence, les contraintes deviennent de plus en plus fortes. Dans les institutions, c'est bien pire:. Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance que peu arriveront à supporter un séjour en psychiatrie. 
Le diktat et les pouvoirs de certains psychiatre sont tellement illégitimes qu'ils ne peuvent être qu'abusifs.
Ne pas adhérer à cette société, c'est prendre le risque d'en être mis à l'index



24/02/2021

Sauver le monde par la compassion

Dans " Van Gogh, le suicidé de la société " Antonin Artaud écrivait : " Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient. "

On sait maintenant qu'il existe une certaine similitude entre la société et les éléments qui la composent, les individus. J'exhorte donc les fous, non pas à sortir de leur folie, mais à la revendiquer plus que de la subir et à ne plus se complaire dans une prise en charge institutionnelle parfois bien confortable.
 
Force de propositions atypiques, notre "folie" peut, peut-être, offrir une issue de secours et ainsi changer le monde en lui donnant une ultime et dernière chance. Encore faut-il la revendiquer de manière intense et vindicative sans tomber dans le piège de la mise sous contrainte.