22/09/2023

Septembre 2023 - Nouvelle hospitalisation

Le vendredi 22 septembre 2023, sûrement à cause d'une consommation excessive de cannabis et la diminution trop rapide de mon médicament (Abilify), je me retrouve dans une nouvelle phase délirante. 

Je ne sais pas par quel miracle ma femme et mon fils me retrouvent en train d'errer dans les rues de Grenoble. 

Ils m'amènent ensuite aux urgences générales du CHU Grenoble-Michalon.

Mon séjour y fut horrible. 

Parce que la médecine française est très esquintée, je n'ai pas été pris en charge correctement ; j'ai traîné dans le service des urgences en pyjama, sans chaussures, piétinant dans le sang et parfois l'urine des autres patients, dormant sur un brancard au milieu des plaintes et des gémissements des personnes en détresse pendant 13 jours. J'ai aussi dû me débrouiller pour laver mon seul caleçon et mes chaussettes vite sales, car je n'ai pas de chaussures pour aller dehors fumer les cigarettes que je tapais à d'autres patients ou à leurs accompagnants.  
Par chance les journées étaient belles et je pouvais faire sécher ces maigres effets au soleil. 
Avoir un rasoir était compliqué et il n'y avait que 2 WC pour la centaine de personnes en attente de transfert dans d'autres services. 
Les repas n'étaient que des clubs sandwichs (Thon, Poulet ou Jambon qui, au bout d'un moment, avaient tous le même goût).  

Finalement, mon état psychique n'étant pourtant pas si mauvais que cela. (J'ai bien eu le temps de redescendre), les soignants des urgences générales (peu rompus à la psychiatrie) ont décidé d'un placement sous contrainte au CHAI (Centre Hospitalier Alpes Isère) de Saint-Égrève. Je suis donc resté en déshérence aux urgences adultes pendant presque 13 jours avant d'accéder au service APEX du CHAI qui m'a libéré 15 jours plus tard.

Je ne serai transféré que le 4 octobre (donc 13 jours plus tard) au CHAI dans le service APEX qui pratique le tri entre les différentes pathologies psychiatriques. 

Là, tout sera bien différent : nous ne sommes qu'une petite vingtaine de patients et l'équipe est très dévouée et avenante. 

Je sortirai de l'hôpital psychiatrique le 19 octobre après quelques permissions tests. Mais je dois quand même avoir une injection d'Abilify maintena 300 mg tous les 28 jours.
Tout ça parce que les urgences m'ont maintenu deux semaines dans leurs murs. 

31/08/2023

Psychiatrie blanche / psychiatrie noire

 Existe-il deux sortes de psychiatrie ?

  • Une psychiatrie blanche : Vous y allez parce que vous ne vous sentez pas bien (Admission volontaire).
  • Une psychiatrie noire : Vous y allez parce qu'on ne vous sent pas bien ou parce qu'on ne peut plus vous sentir. (Hospitalisation à la demande d'un tiers - Hospitalisation d'office). 

    La première soigne. La deuxième incarcère. 

31/07/2023

Privation de libertés


Parfois, quand je raconte ce que j'ai vu et vécu en psychiatrie, on me traite d'affabulateur, de gros mytho ou, bien-sûr, de vieux fou.  
Non, vous n'êtes pas obligés de me croire mais si les parents savaient ce qu'il s'y passe, jamais ils ne mettraient  leurs gosses dans ces endroits  de non droit, ces endroits de terreurs et de souffrance que sont les hôpitaux psychiatriques.
Toutes les personnes ayant connu l'HP et la prison que j'ai pues rencontrer sont unanimes : Toutes, absolument toutes,  préfèrent un séjour en prison plutôt qu'en HP. 

23/03/2023

Mars 2023 - Révélations ???

À 60 ans, maintenant, je crois savoir : j'ai peut-être vécu un truc bien dégueulasse quand j'avais trois ans et l'autre gars treize ou quatorze.


Depuis deux ans, suite à l'inhumation d'un cousin de Papa dans la concession familiale, indiciblement et très doucement revenaient quelques images de ma toute petite enfance, tous premiers souvenirs sensiblement exæquo avec celui de mon Grand-Père paternel sur son lit de mort. Le souvenir d'une mitraillette en bois magnifiquement imitée, de raies de lumière sur un dessus-de-lit, d'un plancher sombre, d'un pigeonnier. d'une maison à Claix dans la banlieue de Grenoble.
La première empreinte émotionnelle n'émergent que lorsque je me retrouvai à 4 pattes devant une prise électrique en train de hurler et que Maman et Papa arrivèrent dans la chambre de ce cousin de papa en demandant ce qu'il s'y passait, les explications bidons, mais convaincantes de mon tortionnaire. 

S'ils m'y ont surement préparé, ce ne sont pas ces 40 ans de psychiatrie et de (trop) forte médication, ni même la psychologie, qui m'ont aidé à résoudre ce dossier où tient, en quelque sorte, l'histoire de ma vie, mais une guérisseuse énergéticienne. 

Maintenant, je sais. Je sais comment j'ai remplacé ma douleur par de la colère, ma tristesse par, souvent, de la franche déconnade. Je comprends aujourd'hui mon 
côté punk et ma rébellion contre le système… contre tous les systèmes, rebelle esquinté que je suis. 

Je sais à présent aussi pourquoi, fin 1984, mes parents ne comprenaient pas mon hypersensibilité et mes réactions souvent excessives. Je leur pardonne leur incapacité à comprendre l'enfant terrible que je suis devenu à cause de cet épisode de ma vie.
Je les remercie aussi, comme je remercie la vie, de m'avoir fait connaître toutes ces aventures.


Je comprends également pourquoi, quand une ou un psychologue me faisait pratiquer l'exercice de l'enfant intérieur, je ne visualisais qu'un fétu mort ou un corps tout rabougri et meurtri.

L'enfant interieur (Acrylique et spray sur toile)