09/04/2014

Réduction du traitement et prise de conscience

Voilà plus d'un trimestre que je n'ai posté ici. La raison en est simple : depuis le début de l’année, j'ai entrepris une réduction progressive du traitement. visant son arrêt à terme. Et je me concentre sur ce point.
Depuis quelques temps déjà, je suis bien entouré et il m'a fallu tout un travail pour que mes soignants et mon entourage me suive dans cette démarche d’arrêt du traitement. 
Pour la plupart d'entre eux, le statu-quo obtenu depuis ces dernières années semblait satisfaisant et suffisant puisqu'il me permettait de mener une vie très correcte. 
C'est vrai que vu comme ça, je donnais le change et que rien ne laissait plus soupçonner une quelconque pathologie psychiatrique. Bonne insertion sociale, professionnelle et familiale sont des choses auxquelles je travaille depuis des années et que, visiblement, j'ai réussis. 
Cependant, je voulais aller plus loin et m’affranchir totalement de la psychiatrie et surtout de la pharmacopée ; Rude tâche mais aussi beau challenge !
Pour moi ce retour à une vie sans médicament est important. 
Si depuis 30 ans, j’ai tissé mon existence autour de la schizophrénie, je ne pouvais concevoir la fin de ma vie avec elle et surtout avec les médicaments. Mon chemin, par les rencontres, par l’expérimentation de diverses techniques de soins parallèles m’a donné l’espoir que cela était possible.
Je suis peut-être dans l’erreur et ça c’est l’avenir qui le dira. 
Puisse que j’ai eu son aval, j’entreprends donc avec mon psychiatre savoyard, le Dr Séchier, un programme établi par lui très très progressif de réduction de l’Abilify.
Depuis début janvier, tout doucement et par palier de 2 mois, j’ai réduit les doses par 3, et, au lieu des 5mg/jour, aujourd'hui, je ne prends plus que 5mg tous les 3 jours.

Je vous tiendrai au courant de la suite des événements mais 


jusqu’ici tout va bien. 

13/01/2014

L’égocentrisme sous l'éclairage bouddhiste


« Quand nous pensons continuellement “moi ! moi ! moi !” et ne parlons que de nous-mêmes, nous réduisons considérablement la dimension du monde que nous voulons nôtre, et les événements qui se produisent dans la sphère étroite de cet égoïsme nous affectent profondément et troublent à coup sûr notre paix intérieure. La situation est très différente quand nous nous sentons en premier lieu concernés par les autres, quand nous pensons que ces derniers sont si nombreux que nos préoccupations personnelles, en comparaison, sont négligeables.
Si, de plus, notre désir est de résoudre leur souffrance, celle-ci, loin de nous décourager, ne fait que renforcer notre courage et notre détermination, à l'inverse de l’apitoiement sur soi qui nous déprime et sape notre courage ».


Enseignements oraux donnés à Schvenedingen en Allemagne, 1998. 
FOURTEENTH DALAI LAMA, TENZIN GYATSO (b. 1936)

02/01/2014

2014

2014 marque pour moi, un premier arrêt des neuroleptiques. Le Docteur Philippe SECHIER est là pour m'aider au sevrage. 

Il y a 29 ans, les psychiatres m'ont hâtivement étiqueté Schizophrène. J'ai vécu avec cette stigmatisation si longtemps que j'ai l'impression d'avoir toujours été un malade mental, être un malade mental.
Quand je dresse un bilan de ma vie, je m’aperçois que je l'ai menée de main de maître et que les seuls cotés obscurs de mon existence sont justement liés à ce diagnostic sans appel.
Que je sois schizophrène ou pas, finalement : quelle importance ?

Cette vie, c'est la mienne. Et je n'ai finalement que trop laissé des tiers décider ce qui était bon ou pas pour moi. C'est dans la peur de la "rechute" que ma vie a été organisée.
Mon expérience mentale est celle de la crainte, celle de l'hypothèse défavorable. Et ça, c'est assez stupide. Je ne veux plus vivre dans la crainte d'une rechute, p
arce que précisément, j'ai encore plein de choses à faire (avec les enfants et Judith notamment).

Les "gardes fous" que sont les médicaments et la psychiatrie (par définition) sont devenus avec le travail dans le nucléaire la plus contraignante des prisons.
Cette année, je fais péter les barreaux. 

Je m'évade de ce carcan, les chaines sont trop lourdes.

Extrait de mon dossier médical :

05-03-2014 - Dr SECHIER Philippe

M. Goirand va bien actuellement, il a repris contact avec le Docteur PERRIN pour soutien psychothérapique sur le plan cognitiviste avec le projet de se sevrer progressivement du traitement antipsychotique préventif.

Actuellement, il est asymptotomatique en ce qui concerne la pathologie schizophrénique, par contre, il est vrai que la réduction posologique même progressive peut rouvrir la porte à un nouvel accès aigu de la maladie.

Nous discutons avec lui de quels symptômes seraient des sonnettes d'alarme et devrait l'amener à consulter au plus vite.



20/01/2013

Tout n'est pas si mal :

Dimanche matin, tout le reste de la famille dort encore.
Dehors, il fait froid en cette mi-janvier.  
Je suis sur la table basse du salon avec mon ordinateur, le cul sur le canapé en cuir.
Le jour pointera le bout de son nez d’ici peu… les enfants aussi.

En ce début 2013, je me dis que tout n’est finalement pas si mal.

La vie n’est plus la garce qu’elle a souvent été. Malgré la maladie, malgré la crise économique, j’ai réussi à fonder une famille avec la femme de ma vie et à faire vivre ce petit monde dans un certain confort.
Je crois que je peux être fier de cela.

Tout n’est pas si mal, même si, bien sûr, il y a encore les neuroleptiques  (Aujourd’hui 5 mg d’Abilify / jour) et la prise de poids qu’ils entrainent.

Cette année, il me faudra faire des choses ; retrouver un certain dynamisme, sortir enfin de cette aboulie*, ce manque d'énergie et d'initiative.

C’est ma résolution, la seule, pour 2013.


Je sais que c’est possible puisque cela a partiellement et provisoirement marché en 2011 (Régime + séjour à Rocheplane). Je sais aussi qu’il y a, chez le schizophrène, un  manque de persistance ou d’intérêt pour commencer ou achever des tâches routinières (ou de plus longue haleine).  C’est maintenant et justement là que sera ma prochaine bataille contre la maladie.

Depuis 2010, je me suis réapproprié un système de planification des tâches, d’abord par l’utilisation de carnets agendas puis, depuis moins d’un an, grâce à l’utilisation de l’agenda informatisé et synchronisé  « Google calendar ».

Je vais travailler cette année sur l’initiation et le maintien de l'activité. Je compte me faire aider, pour cette motivation à l'action, par un médecin cognitiviste de ma connaissance.

Non, tout n’est pas si mal : j'aurai 50 ans dans trois jours et je me sens encore jeune, avec plein de choses à faire et d’autres à découvrir. 


(*) L’aboulie (du grec ἀϐουλία / aboulía, composé du préfixe privatif ἀ- (a-) et de βουλή « volonté ») est un symptôme psychiatrique qui se traduit par une incapacité à exécuter les actes pourtant planifiés, et une grande difficulté à prendre des décisions.
L'aboulie est un symptôme proche de l’apragmatisme ; dans l'apragmatisme, il n'y a pas de planification, ni d'intention d'agir, contrairement à ce qui est constaté chez les patients présentant une aboulie.
L'aboulie traduit la diminution, l'insuffisance, voire la disparition de la volonté et le sujet éprouve des difficultés à mettre en œuvre toute action. Malgré le ralentissement de son activité, la fonction intellectuelle n'est pas atteinte. Par contre, l'inhibition qui caractérise cette "maladie" diminue la dimension affective de la personnalité, qui garde cependant toute sa lucidité.
C'est un symptôme retrouvé dans le syndrome frontal et différentes pathologies psychiatriques ou neuropsychiatriques thymiques : épisode dépressif majeur, dysthymie, schizophrénie (symptôme négatif), trouble de l'adaptation de type dépressif essentiellement, dans des pathologies auto-immunes comme la narcolepsie, mais également dans des syndromes dont l'existence en tant qu'entité est encore en discussion : syndrome de fatigue chronique, syndrome d'épuisement professionnel.